À la veille des législatives anticipées du 17 novembre 2024, le Fouta, malgré une forte vague de transhumance politique vers le parti au pouvoir, a montré une résistance notable face à l’ascension de Pastef-Les Patriotes. En effet, dans les départements de Podor et de Matam, la coalition Takku Wallu Sénégal, dirigée par l’ex-président Macky Sall, a confirmé sa domination en remportant tous les sièges en jeu.
Cependant, cette victoire éclatante de Takku Wallu n’est pas sans controverse. Des tensions ont éclaté au sein de la coalition, notamment entre les anciens camarades de l’Alliance pour la République (APR), avec des accusations de pratiques douteuses. Les responsables de la liste Jam Ak Jariñ, menée par l’ex-premier ministre Amadou Ba, n’hésitent pas à dénoncer des achats de consciences orchestrés par des figures influentes de la majorité, en particulier Farba Ngom.
Dans une interview accordée à la radio RFM le 19 novembre, Abdoulaye Sally Sall, un leader de la coalition Jam Ak Jariñ, a vivement accusé Farba Ngom de recourir à des méthodes peu scrupuleuses pour assurer la victoire de Takku Wallu à Matam. Selon lui, Farba Ngom aurait utilisé une somme d’argent considérable pour acheter des voix à Nabadji Civol, une commune clé du département. « Il a offert 13 forages, 14 ambulances et plusieurs véhicules, dans le but d’acheter le soutien des électeurs. Il y a eu un achat massif de consciences », a-t-il dénoncé.
Ainsi, bien que la coalition Takku Wallu ait obtenu une large victoire, ces accusations de corruption jettent une ombre sur la légitimité de ce triomphe dans le Fouta, et la guerre des clans au sein du camp présidentiel semble loin d’être terminée.



