Le Dimanche, loin du vombrissements des moteurs de la ville, des psalmodies résonnant du haut des minarets majestueux, de l’anxiété quotidienne des salles de réunion, du décor feutré des bureaux stressant, lire et écrire est une forme de thérapie. On exposé à travers sa plume ses pensées profondes, sa nature véritable sans filtre, on décrit sa vraie identité et on remonte les faits saillants d’une semaine d’activités déroulées sous le feu d’un rouleau compresseur…
La relecture décalée des événements qui nous envahissent au quotidien, sans nous laisser le choix de les analyser à froid, ne doit pas être un exercice réservé aux seuls lettrés.
Du haut de leur rang, grade et titre, ils regardent, parfois avec condescendance et dedain, leur société, jugeant et condamnant ses tares. Ils s’arrogent, avec mépris et outrecuidance, le droit absolu d’instruire à charge le procès de leurs semblables. Ils ont été à l’école, ils ont voyagé, ils logent dans les palaces, ils fréquentent les princes et fatalement leur sentence devient vérité absolue et forcément véridique.
En docimologie, l’évaluation à chaud est toujours tempérée par celle à froid.
Dans le silence imposée par des conditions normales de pression et de température, on lie mieux les faits. Dans la tiédeur.
Chaque texte appelle un contexte et implique une grille de lecture. Ces deux variables font qu’un évenement se vit différemment et qu’une histoire se marre sous plusieurs versions, selon les époques et/ou selon les auteurs… « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ».
Mon départ de la SOGEPA m’a inspiré une lecture ambivalente, entre rires et peurs…
J’ai pleuré de rires…
Hier samedi, 72 heures après la mesure, une grande sœur paternelle m’a laissé un audio que j’ai définitivement archivé.. Un podcast viral en téléchargement..
D’une voie rauque, elle dit en substance, en lébou épuré, : « Éli, j’espère que tu vas bien ainsi que la famille… J’ai vu plusieurs personnes te mettre en statut.. je n’ai rien compris et j’ai pensé que tu as obtenu une grande promotion ou reçu une décoration prestigieuse … Yalna leu djik té Yalla barkélko… »
Cette réaction sous le sceau de l’ignorance est révélatrice d’une innoncence, une forme de béatitude, de candeur. On vit les évenements avec naïveté selon ses perceptions, ses ressentis, ses sens… Une photo et des stickers sont naturellement lu comme le signe d’une bonne nouvelle.
La sophistication de notre écosystème, autour d’androïdes et de smartphones nous déshumanise. On donne abusivement du pouvoir aux biens et aux attributs ephémères et périssables… alors que tout finit par finir !
Plutôt, le vendredi, lendemain de mon limogeage… tôt le matin, Un ami bien inspiré me lance… « A jamais le premier, major de promo à l’ÉNA, cycle B en 2001, major de promo de l’ÉNA en 2009, cycle A, te voilà encore major de la promo des 87 limogés… « .
Une façon bien ironique de noyer le malheur dans le bonheur. De l’auto dérision qui forge une capacité de résilience. Dans chaque situation on ne perd jamais, on gagne ou on gagne…
Sous le même registre de la plaisanterie, ce même vendredi, après le Juma, mon imam usant du lexique de la prière, me dit » en bon Ilimane, tu as dirigé avec rectitude la prière des 87 fidèles…. »
Je retiens de ces trois anecdotes que c’est à nous de donner une signification aux évenements qui nous arrivent. Par notre posture.
Le brasier ardent n’a pas pu brûlé le prophète Ibrahima, la mer rouge n’a pas englouti Musa ni le puits profond noyé Yusuf..
La foi en bandoulière, ces épreuves les ont annonbli à jamais.
J’ai pleuré de peur…
Mon limogeage m’a inspiré une affrayante peur… celle de décevoir un jour et de tomber du majestueux piédestal dans lequel certains sénégalais m’ont placé. Volontiers, je porte la parole de tous les autres.
Mille et une marques de sollicitude, de sympathie et d’amour, en prose et en poésie, cousues comme une camisole d’or ont saturé mon téléphone.
Messages de félicitations, mots d’encouragements de citoyens lambda, de hautes personnalités, de connaissances et d’anonymes, d’amis et de parents, d’imams et de fanatiques, d’intellectuels et d’illettrés, de collègues, de camarades, d’ici et de la diaspora, de ma communauté. Y’a en qui m’ont arraché une larme.
La signication profonde que je donne à cela se résume ainsi : les sénégalais aiment le bien et attendent qu’on les dirigent dans la vertu. C’est cela le sens unique de leurs suffrages de mars 2024.
Leur attente ne saurait être contenue dans une déclaration de politique ni être satisfaisante par des combinaisons politiques opportunes.
Plus que jamais, je m’employerai à rester fidèle à cette exigence d’exemplarité.
Les délices du pouvoir peuvent rendre captifs des princes : être logés pieds dans l’eau à des pas du Palais, être déchargés du fardeau de devoir gagner sa vie à la sueur de ses efforts peuvent nous détourner de nos principes.
Lire et écrire en temps de repos nous ramènent à notre essence. Un jour, la dernière page du livre de notre vie se refermera. Sur le quatrième de couverture, notre existence de Prince ou de Sujet sera conjuguée et lue au passé simple et soumise à l’appréciation des générations d’après.
Comme tout fini par finir, gardons la posture de dignité comme l’épitaphe unique à inscrire sur notre tombeau : ici repose une personne digne.




Jub jubal jubanti.Merci Elimane de la part d’un simple citoyen, électeur.Vous, Ngagne Demba Touré et autres…aviez permi aux sénégalais lamda de connaître le vrai rôle des Sociétés publics et vous avez défendu l’intérêt duu Sénégal contre des lobbies qui ont fini d’infecter les structures de l’état.