Le vendredi 16 août, les autorités sénégalaises ont inauguré un nouveau site officiel destiné à l’inscription obligatoire des entreprises médiatiques. Cette initiative, annoncée par Alioune Sall, ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, semble vouloir marquer un tournant dans les relations entre le gouvernement et le secteur de l’information. Elle survient à peine quelques jours après une journée de protestation des médias contre les nouvelles politiques gouvernementales.
La nouvelle plateforme, intitulée « Déclaration Médias du Sénégal », a pour objectif de créer une cartographie exhaustive du secteur médiatique sénégalais. Selon le ministère, cette démarche vise à mieux comprendre et soutenir le domaine de la presse.
Cette annonce intervient dans un contexte tendu. Lors d’une réunion du Conseil des ministres, le président sénégalais avait exprimé clairement que l’État n’a aucun conflit avec les entreprises médiatiques. Cette déclaration semble chercher à apaiser les tensions exacerbées par les récentes critiques des médias sur les mesures fiscales perçues comme contraignantes. Les médias privés ont en effet dénoncé des pratiques telles que le blocage de comptes bancaires pour non-paiement d’impôts, la saisie de matériel de production et la rupture unilatérale de contrats publicitaires.
Face à ces préoccupations, Alioune Sall a réaffirmé la volonté du gouvernement d’écouter les représentants de la presse et de trouver des solutions adaptées. Il a proposé de servir de médiateur avec le ministère des Finances pour explorer des options telles que des moratoires ou des allègements fiscaux.
Le secrétaire général du Syndicat de la presse sénégalaise, Bamba Cassé, a accueilli cette initiative avec optimisme. Il estime que ce geste peut contribuer à restaurer la confiance et à dissiper les impressions de partialité et de répression envers une partie de la presse.
Cette nouvelle plateforme et les promesses d’accompagnement sont perçues comme des tentatives de réconciliation, visant à clarifier et à améliorer les relations entre le gouvernement et les médias sénégalais.



