Ce lundi, le gouvernement sénégalais présente avec faste son programme de développement à long terme, baptisé « Sénégal 2050 : agenda national de transformation », lors d’une cérémonie à Diamniadio. Ce plan est présenté par la présidence comme un véritable tournant pour l’avenir du pays, avec des objectifs aussi bien économiques que politiques.
L’ambition du programme est claire : réduire la pauvreté, tripler le revenu par habitant d’ici 2050, et atteindre une croissance économique annuelle moyenne de 6 à 7%, selon les autorités. Le modèle de développement proposé repose sur la création de huit pôles de développement répartis sur l’ensemble du territoire, a précisé le Premier ministre Ousmane Sonko lors d’une déclaration faite vendredi dernier.
Cependant, le contexte économique actuel du pays est délicat. Fin septembre, le gouvernement a révélé, après un audit, des comptes publics jugés « catastrophiques ». Selon M. Sonko, le déficit budgétaire réel s’élèverait à 10,4% du PIB, bien au-delà des 5,5% initialement annoncés, et la dette publique atteindrait 76,3% du PIB, contre les 65,9% précédemment déclarés. Le Premier ministre a également accusé l’ancien régime d’avoir manipulé les chiffres et trompé les partenaires internationaux, des accusations fermement réfutées par les anciens dirigeants.
Dans ce climat de tensions financières, l’agence de notation Moody’s a abaissé la note du Sénégal et placé le pays sous surveillance, accentuant la pression sur les nouvelles autorités pour redresser la situation économique et restaurer la confiance des investisseurs.



