Pour la première fois dans l’histoire du Sénégal, son chef d’État ne participe pas au Sommet de la Francophonie, qui se tient actuellement à Villers-Cotterêts, en France. Cette absence, largement remarquée, pourrait symboliser un tournant diplomatique important sous le nouveau régime de Bassirou Diomaye Faye, qui s’inscrit dans une logique souverainiste.
Ce matin, le président Faye sera à Mbour pour une journée de «Set-setal», une initiative citoyenne de nettoyage, marquant ainsi un retour symbolique dans son ancien lycée, Demba Diop, où il a obtenu son baccalauréat en 2000. En déclinant l’invitation au Sommet de la Francophonie, Faye brise une tradition diplomatique bien ancrée dans l’histoire du Sénégal, un pays historiquement attaché à cette organisation internationale.
La Francophonie occupe en effet une place particulière pour le Sénégal. L’organisation, souvent perçue par ses détracteurs comme un instrument d’influence de la France, a toujours été défendue par Dakar pour ses missions de coopération politique, économique, éducative et culturelle. Léopold Sédar Senghor, premier président du Sénégal, fut l’un des fondateurs de cette organisation en 1970, aux côtés d’autres figures historiques comme Hamani Diori du Niger, Habib Bourguiba de Tunisie, et Norodom Sihanouk du Cambodge. De plus, l’ancien président sénégalais Abdou Diouf a dirigé l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) de 2003 à 2015, renforçant le lien entre le Sénégal et cette institution.
En l’absence de Bassirou Diomaye Faye, c’est Mme Yassine Fall, ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, qui représente le Sénégal au sommet. Ce rassemblement bisannuel accueille cette année des chefs d’État de pays francophones variés tels que la Géorgie, la Roumanie, le Laos, et la Suisse. Ce sommet se déroule dans un contexte international marqué par des tensions, notamment au Moyen-Orient, où la situation reste fragile.
Lors de son discours, le président français Emmanuel Macron a souligné le rôle crucial de la Francophonie dans la diplomatie internationale. Selon lui, cette organisation permet de tisser un réseau d’amitiés et de collaborations entre les pays membres. Il a également réaffirmé l’importance de défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale des États sans « double standard », tout en exprimant son soutien au peuple libanais et en appelant à une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien.
L’absence du président Faye à ce sommet pourrait refléter une nouvelle orientation diplomatique du Sénégal, marquée par une volonté affirmée de souveraineté et d’indépendance vis-à-vis des grandes puissances. Toutefois, il reste à voir comment cette décision sera perçue sur la scène internationale, alors que le Sénégal a longtemps joué un rôle de premier plan au sein de la Francophonie.



