À quelques jours du démarrage des examens nationaux, la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP) a dressé un état des lieux de l’année scolaire 2025-2026, tout en appelant à des réformes profondes pour renforcer durablement le système éducatif sénégalais.
Dans un communiqué publié jeudi, l’organisation souligne que l’année scolaire a enregistré un « démarrage stable », mais a été marquée par un « déroulement tumultueux » en raison notamment de 150 heures de grève. Malgré ces perturbations, la COSYDEP salue la signature d’un premier protocole d’accord entre l’État et les syndicats d’enseignants, y voyant la preuve que le dialogue social reste la voie la plus efficace pour résoudre les conflits dans le secteur.
La coalition rappelle que le calendrier des examens entre désormais dans sa phase décisive avec le lancement des épreuves du Certificat de fin d’études élémentaires (CFEE) à partir du 17 juin, suivi du Baccalauréat général le 30 juin, puis du Brevet de fin d’études moyennes (BFEM) le 21 juillet.
Face à ces échéances, la COSYDEP invite les autorités, les parents et l’ensemble des acteurs du système éducatif à unir leurs efforts afin d’assurer aux candidats des conditions favorables à leur réussite. Elle insiste notamment sur la nécessité de préserver un environnement calme et propice à la concentration des élèves.
L’organisation note toutefois que ces examens se déroulent dans un contexte particulier marqué par plusieurs événements d’envergure, parmi lesquels la Coupe du monde de football, la Journée de l’enfant africain ainsi que les réflexions en cours sur les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030.
Au-delà de l’actualité des examens, la COSYDEP identifie trois défis majeurs auxquels l’éducation sénégalaise devra faire face. Le premier concerne les répercussions des tensions sociopolitiques sur les apprentissages. Selon la coalition, les rivalités liées au climat politique peuvent fragiliser l’équilibre psychologique des apprenants et affecter leurs performances scolaires.
Le deuxième défi porte sur l’amélioration de l’efficacité du système éducatif. S’appuyant sur les données du Rapport d’État du système éducatif national (RESEN 2012-2022), la COSYDEP relève une évolution irrégulière des résultats aux examens nationaux, notamment une baisse progressive du taux de réussite au baccalauréat observée ces dernières années.
Enfin, l’organisation plaide pour une refondation du système éducatif fondée sur une démarche inclusive et participative. Elle estime que les recommandations issues des États généraux de l’éducation et de la formation (EGEF), de la Concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur (CNAES) et des Assises nationales de l’éducation et de la formation (ANEF) devraient constituer les bases d’un large consensus national.
Pour la COSYDEP, l’éducation doit demeurer une priorité nationale et être préservée des clivages politiques. La coalition se dit convaincue que le Sénégal dispose des ressources et des compétences nécessaires pour bâtir une école plus résiliente, plus inclusive et plus performante, capable de répondre aux exigences du développement et aux défis de demain.



