En 2023, en pleine crise politique au Sénégal, l’avocat franco-espagnol Juan Branco, venu défendre l’opposant Ousmane Sonko, a quitté précipitamment le pays par voie maritime, échappant à une traque policière intense. Invité de l’émission Bistro Libertés sur la télévision française TVL, il est revenu sur cette fuite spectaculaire.
« Pendant 25 heures, j’ai navigué sur l’Atlantique avec deux pêcheurs »
« Après être venu défendre mon client, toutes les forces de police de cet État policier avaient été mobilisées pour me retrouver. Il y a eu des perquisitions jusque dans des lieux saints à Touba, au domicile de mon client et ailleurs. Pendant quatre jours, j’ai réussi à leur échapper. Finalement, j’ai embarqué sur une barque pour quitter le Sénégal », raconte Juan Branco.
« Pendant 25 heures, j’ai navigué sur l’Atlantique avec deux pêcheurs, jusqu’à atteindre la Mauritanie. Le bateau a commencé à couler avant même d’arriver à Nouakchott. Là-bas, j’ai été intercepté, probablement par les services secrets mauritaniens, agissant en coopération ou sur ordre de la France », a-t-il ajouté.
Des choix limités pour fuir
Selon Juan Branco, d’autres destinations étaient envisageables mais trop risquées. « Le Cap-Vert aurait pris cinq jours en mer avec une barque minuscule, on n’aurait pas survécu. Quant au Mali, bien que ce soit l’option la plus sûre, elle aurait créé des soupçons. On aurait pu accuser mon client, Ousmane Sonko, d’être soutenu par la Russie, étant donné les liens entre le régime malien et Moscou. J’ai donc préféré prendre le risque de mourir noyé dans l’Atlantique plutôt que d’alimenter des théories complotistes prétendant que nous étions dans une opération anti-française. »
Arrestation en Mauritanie et libération sous pression internationale
Arrêté en août 2023 en Mauritanie, Juan Branco a été rapidement expulsé vers le Sénégal, où il risquait la réclusion à perpétuité, accusé de terrorisme, tout comme son client Ousmane Sonko. L’avocat a été placé dans une prison surpeuplée pendant quatre jours avant d’être libéré sous la pression des gouvernements portugais et espagnol.
Cette évasion spectaculaire illustre les tensions politiques et diplomatiques autour de l’affaire Ousmane Sonko, qui a secoué le Sénégal en 2023.



