Le roi et la reine d’Espagne, accompagnés du Premier ministre Pedro Sánchez, ont écourté leur visite dimanche dans les zones sinistrées par de tragiques inondations ayant fait au moins 217 victimes dans le sud-est du pays. Leur arrivée à Paiporta, une commune de la banlieue de Valence particulièrement touchée, a été marquée par la colère des habitants.
À leur arrivée, le cortège royal a été accueilli par une foule en colère, qui s’en est pris verbalement à Pedro Sánchez et au président régional de droite, Carlos Mazón. Des cris de « Assassins ! » ont fusé, tandis que des habitants jetaient de la boue et d’autres objets sur eux, une scène sans précédent dans l’histoire de la monarchie espagnole. Malgré la tension palpable, le roi et la reine ont fait preuve de dignité, restant environ une heure sur place pour tenter de dialoguer avec les résidents et apaiser leur colère.
En revanche, Pedro Sánchez et Carlos Mazón ont dû rapidement quitter les lieux, escortés par leurs services de sécurité, inquiets de la situation. La suite de la visite, prévue à Chiva, a été annulée en raison de ces événements.
La colère des habitants est alimentée par des critiques à l’encontre des autorités, notamment concernant la gestion des alertes. Ils reprochent au gouvernement régional d’avoir tardé à envoyer des messages d’alerte alors que la région était déjà en « alerte rouge » depuis le matin de la catastrophe. De plus, le gouvernement central est accusé de lenteur dans les opérations de secours.
Dans une réaction sur les réseaux sociaux, Carlos Mazón a reconnu la légitimité de la colère populaire, affirmant que son attitude durant cette visite avait été « exemplaire ». Pedro Sánchez, quant à lui, n’a pas encore réagi publiquement à ces événements.
Le bilan des inondations s’est alourdi, avec 217 décès confirmés, dont 213 en région de Valence, et des disparitions toujours en cours. Parmi les victimes se trouvent également des ressortissants chinois, suscitant une attention particulière de l’ambassade de Chine à Madrid.
Les scènes de quasi-émeutes à Paiporta illustrent la détresse des habitants, dont de nombreuses infrastructures ont été gravement endommagées. Des voitures et des débris continuent de joncher les rues, laissant derrière elles un paysage de désolation. Helena Danna Daniella, propriétaire d’un établissement à Chiva, a décrit la situation comme « la fin du monde », témoignant de la panique ressentie par ceux qui ont perdu leurs proches ou leur maison.
Face à cette crise, le gouvernement a annoncé l’envoi de 5 000 soldats supplémentaires dans la région, portant le total à 7 500, un déploiement militaire sans précédent en temps de paix. Cependant, la situation reste tendue, avec des arrestations pour vols et pillages en augmentation.
Pour aggraver les craintes, l’Agence nationale de Météorologie a émis une nouvelle alerte rouge sur le littoral sud de Valence, prévoyant des pluies intenses pouvant atteindre jusqu’à 90 litres par mètre carré.
La situation reste critique et les habitants attendent des réponses de la part de leurs dirigeants.



