Le gouvernement espagnol a annoncé samedi l’envoi de 10 000 soldats et policiers supplémentaires dans le sud-est du pays pour venir en aide aux victimes des inondations dévastatrices qui ont fait au moins 211 morts. Quatre jours après cette tragédie, le Premier ministre Pedro Sánchez a déclaré qu’un total de 5 000 militaires, dont 4 000 dès aujourd’hui et 1 000 demain, seraient déployés dans les zones touchées.
Avec cette mobilisation, le nombre total de militaires sur le terrain atteint 7 500, ce qui constitue le plus grand déploiement de forces armées en temps de paix dans l’histoire d’Espagne. À cela s’ajoutent 5 000 policiers et gendarmes, qui viendront renforcer leurs 5 000 collègues déjà présents sur place.
Les localités sinistrées, encore en proie au chaos, attendent ces renforts avec impatience. « Les intempéries ont causé la plus grande catastrophe naturelle de l’histoire récente de notre pays », a déclaré le Premier ministre, soulignant le bilan tragique des inondations.
Un Bilan Humain en Hausse
Le dernier bilan officiel fait état de 211 morts, avec la région de Valence étant la plus durement touchée. Les autorités craignent que ce chiffre augmente à mesure que des victimes potentielles sont découvertes, notamment dans les voitures abandonnées et au milieu des débris. Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a indiqué sur Antena 3 que le nombre de disparus reste difficile à évaluer.
Les priorités des soldats et policiers incluent la recherche des disparus et le rétablissement des infrastructures pour permettre la distribution de l’aide humanitaire. Ils devront également lutter contre les actes de pillage, qui ont conduit à l’arrestation de 82 personnes.
Des Pluies Dévastatrices
Selon l’agence météorologique espagnole (Aemet), certaines régions ont reçu en une nuit l’équivalent d’une année de précipitations, provoquant des torrents de boue qui ont détruit des ponts, ravagé des maisons et emporté des milliers de véhicules. Plus de 2 000 véhicules endommagés ont déjà été enlevés, et l’électricité a été rétablie pour 94 % des foyers concernés.
Appels à l’Amélioration des Réponses
Pedro Sánchez a reconnu que la réponse aux catastrophes n’était pas suffisante, admettant des « problèmes et des carences ». Le gouvernement régional de Valence fait face à des critiques pour sa lenteur à alerter la population, alors que l’Aemet avait déjà émis une alerte rouge.
À Chiva, l’atmosphère est désolante, avec de nombreuses maisons entièrement détruites. Un résident, Mario Silvestre, 86 ans, a exprimé sa résignation face à la situation : « Les politiques promettent beaucoup, mais l’aide n’arrive que quand elle arrive. »
Malgré ce tableau sombre, des élans de solidarité se manifestent, notamment à Valence, où des milliers de bénévoles se sont mobilisés pour prêter main-forte aux sinistrés. Les autorités ont dû demander aux habitants de rester chez eux pour ne pas encombrer les routes, essentielles aux opérations de secours.



