Dakar — Le ton monte entre Hamidou Anne et Mary Teuw Niane. L’écrivain et politologue, coordinateur national de la Cellule analyses et prospective de l’Alliance pour la République (APR), a vivement réagi à une récente tribune du directeur de cabinet du président de la République.
Dans un texte intitulé « L’imposteur », Mary Teuw Niane évoquait notamment Hitler, Mussolini et Pol Pot pour illustrer, selon lui, les dérives liées au culte de la personnalité. Une sortie qui n’a pas laissé Hamidou Anne indifférent.
Sur sa page Facebook, ce dernier reproche au directeur de cabinet du chef de l’État d’avoir publiquement pris pour cible le président de l’Assemblée nationale. Il estime qu’une telle prise de position est incompatible avec les exigences liées à cette fonction.
« Un directeur de cabinet ne s’épanche ni dans la presse ni sur les réseaux sociaux », a-t-il écrit, avant de critiquer la comparaison faite avec les figures historiques citées dans la tribune.
« L’exercice de l’État impose tenue et retenue »
Pour Hamidou Anne, les responsabilités institutionnelles exigent davantage de réserve. « L’exercice de l’État impose tenue et retenue », a-t-il soutenu, appelant à rompre avec des pratiques qui, selon lui, « affaiblissent l’État, dévitalisent la République et banalisent le désordre dans les institutions ».
L’ancien responsable de l’APR ne s’est toutefois pas limité à critiquer la forme. Il a également remis en question le parcours politique de Mary Teuw Niane, lui reprochant implicitement d’avoir soutenu par le passé celui qu’il critique aujourd’hui.
« L’imposteur, le vrai, c’est celui qui a validé l’imposteur des années durant, avant de le vouer désormais aux gémonies au nom des privilèges politiciens », a-t-il lancé.
Cette passe d’armes intervient au lendemain de la publication de la tribune de Mary Teuw Niane. Dans son texte, le directeur de cabinet du président de la République mettait en garde contre les sociétés qui renoncent au doute, à la contradiction et à la liberté de penser, estimant que le temps finit toujours par révéler « l’imposture ».
Le débat dépasse ainsi la seule polémique entre les deux hommes et s’inscrit dans un contexte de tensions autour du fonctionnement et de la parole des institutions.



