Malgré une ultime tentative de conciliation, le gouvernement et les syndicats n’ont pas réussi à trouver un terrain d’entente. À l’issue des discussions menées avec le ministre de la Fonction publique, Mamadou Lamine Dianté, les organisations syndicales ont maintenu leur mot d’ordre de grève générale ce vendredi 10 juillet, faisant planer le risque de fortes perturbations sur l’activité économique du pays.
Face à la presse, le ministre est revenu sur les efforts engagés par l’Exécutif pour désamorcer la crise. « Lorsque les responsables syndicaux ont annoncé une grève générale autour de quatre ou cinq points principaux pour le vendredi 10 juillet, nous avons reçu des instructions des plus hautes autorités du pays pour les rencontrer et déterminer leurs préoccupations », a-t-il expliqué.
Selon lui, l’examen approfondi du préavis de grève a révélé un élargissement des revendications, notamment avec l’introduction de nouvelles exigences liées aux projets de réforme du Code du travail et du Code de la sécurité sociale. Le gouvernement affirme avoir passé en revue l’ensemble des 28 points soulevés par les syndicats, en apportant des réponses détaillées à chacun d’eux.
Code du travail : un désaccord sur l’interprétation
L’un des points de crispation concerne la réforme du Code du travail, en particulier la question des contrats à durée déterminée (CDD). Sur ce sujet, le ministre évoque un malentendu. « Nous avons projeté à l’écran l’article du Code actuel et celui du nouveau Code qui doit être voté par l’Assemblée nationale. Après analyse, on se rend compte qu’il n’y a pas de différence », a-t-il assuré.
Il précise que la réforme ne modifie pas la durée maximale des CDD, qui reste fixée à quatre ans, renouvellement compris. Pour le gouvernement, les inquiétudes exprimées par les syndicats sur ce point ne reposeraient donc pas sur des changements réels du dispositif juridique.
En revanche, le désaccord persiste autour du Code de la sécurité sociale, notamment sur la question du collège des représentants. L’Exécutif soutient que cet organe n’est pas reconnu par le cadre juridique de l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal, tandis que les syndicats y voient un enjeu de représentation et de gouvernance.
Licenciements : une bataille de chiffres
Autre point de tension majeur : la question des licenciements. Le ministre affirme que les vérifications effectuées font état de 351 cas avérés, dont 224 au niveau du Port autonome de Dakar. « Ce chiffre sera vérifié dossier par dossier au niveau de la Direction générale du travail et de la sécurité sociale », a-t-il précisé.
Concernant les 44 travailleurs licenciés au ministère des Mines, dont la réintégration est exigée par les syndicats, Mamadou Lamine Dianté a indiqué qu’il saisirait le Premier ministre pour arbitrage.
La réunion de conciliation a également mis en évidence des divergences au sein même des organisations syndicales, notamment sur l’ampleur des suppressions d’emplois. Le ministre a évoqué le cas du Fonds d’entretien routier autonome, où des chiffres avancés auraient été rectifiés en séance, certains cas relevant de fins de contrat plutôt que de licenciements.
Une grève maintenue malgré les mises en garde
En conclusion, le ministre a estimé que le gouvernement avait fait preuve d’ouverture et de transparence, tout en pointant une « logique de confrontation » du côté syndical. Il a par ailleurs rappelé les risques juridiques et financiers encourus par les travailleurs en cas d’absence injustifiée.
Malgré ces avertissements, les syndicats ont maintenu leur appel à la grève générale. Cette journée du 10 juillet s’annonce ainsi comme un nouveau test pour le dialogue social au Sénégal, avec des répercussions attendues sur plusieurs secteurs clés de l’économie.



