Chaque saison des pluies ramène les mêmes images dans plusieurs villes du Sénégal : rues transformées en dépotoirs, caniveaux obstrués par des déchets, eaux stagnantes envahissant les habitations et odeurs nauséabondes qui s’installent durablement. Si les pouvoirs publics sont régulièrement mis en cause, il serait réducteur de leur attribuer l’entière responsabilité de cette situation. Le comportement de certains citoyens constitue également l’une des principales causes de cette insalubrité.
Chaque jour, des sachets plastiques, des bouteilles, des emballages ou encore des déchets ménagers sont abandonnés dans les rues, les terrains vagues ou les caniveaux. Ces gestes, devenus banals, ont pourtant des conséquences importantes sur l’environnement, la santé publique et le cadre de vie.
Au-delà de l’impact visuel, ces déchets polluent les sols et les cours d’eau, fragilisent les écosystèmes et favorisent la prolifération des moustiques, des mouches et des rongeurs. Ils augmentent ainsi les risques de maladies telles que le paludisme, les diarrhées ou d’autres infections liées à un environnement insalubre.
L’une des conséquences les plus visibles reste toutefois l’obstruction des réseaux d’évacuation des eaux pluviales. En s’accumulant dans les caniveaux, les déchets empêchent l’écoulement normal des eaux. À la moindre forte pluie, les inondations se multiplient, les maisons sont envahies, les routes deviennent impraticables et les pertes matérielles s’alourdissent. Des situations qui auraient parfois pu être évitées grâce à des gestes simples de civisme.
Dans ce contexte, le travail de la Société nationale de gestion intégrée des déchets (SONAGED) mérite d’être salué. À travers la collecte des ordures, les opérations de nettoiement et les campagnes d’assainissement organisées dans plusieurs localités, ses équipes œuvrent quotidiennement pour améliorer le cadre de vie des populations malgré l’ampleur de la mission.
Toutefois, la lutte contre l’insalubrité ne peut reposer uniquement sur les services de collecte. Le Service national d’hygiène a également un rôle essentiel à jouer, non seulement par le contrôle et l’application de la réglementation, mais aussi par la sensibilisation, l’éducation citoyenne et la prévention. En collaboration avec les collectivités territoriales, les établissements scolaires, les associations et les leaders communautaires, il peut contribuer à faire émerger une véritable culture de la propreté.
Au-delà des institutions, la réussite de cette lutte dépend avant tout de l’engagement des citoyens. Une fois les infrastructures mises en place et les déchets collectés, il appartient à chacun de préserver la propreté de son environnement immédiat. La salubrité est une responsabilité collective qui commence devant chaque maison, dans chaque rue et dans chaque quartier.
Le Sénégal dispose des structures et des compétences nécessaires pour relever ce défi. Le véritable enjeu reste désormais celui de la prise de conscience collective. Car un pays propre n’est pas seulement celui que l’on nettoie régulièrement, mais surtout celui que chacun s’engage à ne pas salir.



