Au Sénégal, la déclaration de patrimoine prend une nouvelle dimension. Le chef de l’État, le président de l’Assemblée nationale, le Premier ministre et plusieurs autres responsables publics sont désormais tenus de déclarer leurs biens au début et à la fin de leurs fonctions.
L’objectif ne se limite plus à une formalité administrative. Le dispositif doit permettre de suivre l’évolution du patrimoine des responsables publics et de détecter d’éventuels enrichissements injustifiés. Mais les premiers chiffres interpellent : sur 1 594 déclarations attendues, seules 558 avaient été déposées. L’OFNAC devait publier, le 10 août, la liste provisoire des assujettis et des défaillants.
Cette publication pourrait accentuer la pression sur les retardataires. Le président de l’OFNAC, Moustapha Ka, a rappelé que les sanctions peuvent aller jusqu’à une retenue d’un quart du salaire et la saisine de l’autorité de nomination. Il estime néanmoins que cette démarche ne vise pas à stigmatiser les responsables concernés.
Mais au-delà des déclarations, le véritable défi reste leur vérification. Certains patrimoines peuvent être détenus indirectement, notamment par le biais de prête-noms, de comptes bancaires à l’étranger ou de biens répartis dans plusieurs pays. Des situations qui peuvent considérablement compliquer le travail des enquêteurs.
Cité par Senenews, le journaliste Ibrahima Bakhoum salue cette avancée tout en appelant à renforcer les moyens de l’OFNAC. Selon lui, la société civile et l’opposition doivent maintenir la pression pour permettre à l’Office de disposer de tous les leviers nécessaires.
Désormais, l’enjeu ne sera donc plus seulement de déclarer son patrimoine, mais de pouvoir prouver qu’il correspond réellement à la réalité.



