Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a alerté vendredi devant les députés sur les fortes pressions que subissent les finances publiques sénégalaises en raison de la crise énergétique mondiale.
S’exprimant lors de la clôture des auditions ministérielles à l’Assemblée nationale, le ministre a évoqué les effets du « choc énergétique systémique » lié aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et à la hausse des prix internationaux des hydrocarbures.
Pour faire face à cette situation, l’État du Sénégal a procédé à un décaissement anticipé de 165,5 milliards de francs CFA en faveur du Fonds de soutien au secteur de l’énergie (FSE). Cette mesure vise à assurer l’approvisionnement en combustible de la Senelec dans un contexte de flambée des coûts énergétiques.
Selon Cheikh Diba, cette intervention exceptionnelle explique en grande partie l’augmentation des transferts courants observée au cours du premier trimestre 2026.
Le ministre a indiqué que cette orientation budgétaire traduit une gestion « prudente et rigoureuse », dans un contexte marqué par les incertitudes entourant l’évolution des prix du pétrole et les recettes attendues du secteur pétrolier.
Les données présentées montrent qu’à la fin mars 2026, les recettes du budget général s’élevaient à 1 139,5 milliards de FCFA, contre des dépenses estimées à 1 482,7 milliards, soit un déficit provisoire de 343,2 milliards de FCFA.
Dans le même temps, les investissements financés sur ressources internes ont été revus à la baisse, ne représentant que 11,1 % des prévisions annuelles, illustrant la prudence budgétaire adoptée par les autorités.
Malgré ces tensions, le ministre des Finances a fait état d’une amélioration progressive de la trésorerie publique. À la fin avril, les recettes cumulées de l’État, estimées à 1 558 milliards de FCFA, dépassaient à nouveau les dépenses ordonnancées sur ressources internes, évaluées à 1 103,2 milliards.
Crise énergétique : l’État mobilise 165,5 milliards FCFA pour soutenir l’approvisionnement de la Senelec
Cheikh Diba a enfin rappelé que l’économie sénégalaise avait enregistré en 2025 une croissance de 6,7 %, soutenue notamment par l’exploitation des hydrocarbures et les performances du secteur agricole.



