À l’occasion du 5ᵉ Congrès national et du 4ᵉ Congrès international de la Société sénégalaise de colposcopie et de pathologie liée au papillomavirus (SSCPP), le professeur Omar Gassama a alerté sur les difficultés persistantes dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus au Sénégal.
Le spécialiste s’est notamment inquiété du faible niveau de dépistage, alors que la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) enregistre des progrès.
Une vaccination jugée encourageante
Selon le professeur Omar Gassama, la couverture vaccinale contre le HPV est encourageante au Sénégal et avoisine les 100 %. Des résistances persistent toutefois dans certaines zones, notamment à Matam.
Le spécialiste estime que la sensibilisation doit se poursuivre afin de répondre aux inquiétudes liées au vaccin. Il rappelle également l’importance de la vaccination dans la prévention du cancer du col de l’utérus.
Un dépistage encore insuffisant
Le constat est en revanche beaucoup plus préoccupant concernant le dépistage. Le professeur Gassama affirme que le Sénégal reste sous la barre des 15 %.
Il dénonce également des ruptures dans la prise en charge des patientes. Certaines femmes dépistées avec des lésions précancéreuses ne bénéficieraient pas d’un traitement rapide, notamment en raison du manque d’équipements et de personnel qualifié.
Pour le spécialiste, ces difficultés compliquent l’atteinte de l’objectif fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui vise notamment à dépister et traiter 70 % des femmes concernées d’ici 2030.
La radiothérapie concentrée dans quelques zones
La prise en charge des formes invasives constitue également une source d’inquiétude. Le professeur Gassama souligne que les infrastructures de radiothérapie restent fortement concentrées à Dakar et Touba.
Il appelle ainsi à renforcer les équipements et les ressources humaines afin de permettre aux patientes d’accéder aux soins sans devoir parcourir de longues distances.
79 districts, 79 centres de dépistage
Pour améliorer durablement la situation, le spécialiste plaide pour une véritable décentralisation du dépistage. Il propose la mise en place d’un centre équipé et fonctionnel dans chacun des 79 districts du pays, avec du personnel qualifié disponible toute l’année.
Selon lui, les campagnes ponctuelles, notamment « Octobre rose », doivent compléter les dispositifs permanents plutôt que les remplacer.
Pour le professeur Omar Gassama, la prévention et la prise en charge du cancer du col de l’utérus nécessitent donc une stratégie continue, décentralisée et dotée de moyens suffisants.



