Les chiffres de l’exécution budgétaire au premier semestre 2026 mettent en évidence un écart important entre les recettes mobilisées et les dépenses engagées par l’État du Sénégal. De janvier à juin, les recettes se sont établies à 2 617,3 milliards de FCFA, contre 2 874,7 milliards de FCFA de dépenses.
2 617,3 milliards de FCFA de recettes à fin juin
Au terme des six premiers mois de l’année, l’État a mobilisé 2 617,3 milliards de FCFA, soit 44,1 % de l’objectif annuel fixé à 5 932,2 milliards de FCFA par la Loi de finances initiale (LFI) 2026.
Les recettes fiscales constituent l’essentiel des ressources mobilisées. Elles atteignent 2 458,7 milliards de FCFA, correspondant à 45,7 % de l’objectif annuel de 5 384,8 milliards.
Sur un an, les recettes fiscales enregistrent une progression de 368,2 milliards de FCFA, soit une hausse de 17,6 %.
Les recettes non fiscales dépassent leur cible semestrielle
Les recettes non fiscales ont, elles aussi, connu une évolution favorable. Elles s’établissent à 124,2 milliards de FCFA à fin juin, soit 112,9 % de la cible semestrielle fixée à 110 milliards.
Comparées à la même période de 2025, elles progressent de 7,6 milliards de FCFA, soit +6,5 %.
Cette hausse s’explique principalement, selon le rapport, par « la forte mobilisation des revenus du domaine et des recettes issues de l’exploitation des hydrocarbures ».
Les dons, en revanche, restent à un niveau relativement faible, avec 34,4 milliards de FCFA mobilisés, soit seulement 18 % de l’objectif annuel de 191,5 milliards.
2 874,7 milliards de FCFA de dépenses
Du côté des dépenses, l’État a exécuté 2 874,7 milliards de FCFA au premier semestre, correspondant à un taux d’exécution de 40,1 %.
Le rapport estime que ce niveau traduit un rythme encore modéré des dépenses, notamment en matière d’investissements publics, dont l’exécution devrait s’accélérer au cours du second semestre.
Les dépenses ordinaires représentent 2 196,4 milliards de FCFA. Elles sont notamment tirées par les dépenses de personnel, qui atteignent 759,6 milliards de FCFA.
Les dépenses courantes s’élèvent, quant à elles, à 658,5 milliards de FCFA.
La dette coûte 621,2 milliards en six mois
L’un des principaux postes de dépenses concerne les charges financières de la dette.
En seulement six mois, elles ont atteint 621,2 milliards de FCFA, illustrant le poids du service de la dette sur les finances publiques.
Les dépenses en capital, consacrées aux investissements, se sont établies à 678,3 milliards de FCFA, soit un taux d’exécution de seulement 24,2 % par rapport aux prévisions annuelles de la LFI.
Un déficit de 257,4 milliards de FCFA
Au terme du premier semestre 2026, le déficit budgétaire s’établit ainsi à 257,4 milliards de FCFA, représentant 1,1 % du PIB.
À l’échelle de l’année, le déficit prévu par la LFI s’élève à 1 245,1 milliards de FCFA, soit 5,37 % du PIB.
Selon le rapport trimestriel d’exécution budgétaire, ce niveau de déficit traduit une « exécution budgétaire globalement maîtrisée ».
Mais derrière ces chiffres, un constat s’impose : en six mois, l’État a dépensé 257,4 milliards de FCFA de plus qu’il n’a mobilisé en recettes, tandis que les charges liées à la dette continuent de peser fortement sur les finances publiques.



