Les autorités de la Guinée-Bissau ont ordonné, mardi, la suspension de plusieurs radios privées pour non-paiement de leur licence, selon un communiqué du ministère de la Communication. Cette décision intervient dans un contexte politique marqué par la prise de pouvoir des militaires en novembre 2025.
Parmi la dizaine de stations privées que compte le pays, six avaient cessé d’émettre mardi, notamment Sol Manci, Capital FM, Bombolom et Pindjiquiti, toutes très suivies par les auditeurs, selon des constats de terrain.
Les autorités précisent que cette suspension est fixée à une durée de sept jours, renouvelable si nécessaire. En cause, le montant de la licence, établi à 5 millions de francs CFA (environ 7 600 euros) par la junte dirigée par le général Horta N’Tam, une somme jugée trop élevée par plusieurs responsables de médias.
« Notre radio peut s’acquitter de ce montant, mais ce n’est pas le cas de toutes », a confié un journaliste de la direction de Sol Manci, soulignant les difficultés rencontrées par certaines stations.
Face à cette situation, une commission de négociation a été mise en place afin de trouver un compromis sur la question des licences. Une rencontre était d’ailleurs prévue entre les dirigeants des radios concernées et le Premier ministre Illidio Vieira Té pour tenter de parvenir à une solution.
La Guinée-Bissau est dirigée par des militaires depuis le 26 novembre 2025, date à laquelle le président Umaro Sissoco Embalo a été renversé, à la veille de la proclamation des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives, suspendant ainsi le processus électoral.
Ce pays lusophone, situé entre le Sénégal et la Guinée, reste marqué par une instabilité politique chronique, avec plusieurs coups d’État et tentatives de putsch depuis son indépendance du Portugal en 1974.
Fin janvier, le général N’Tam a annoncé la tenue d’élections présidentielle et législatives le 6 décembre, censées ouvrir la voie à un retour à l’ordre constitutionnel et à un pouvoir civil.


