Deux personnalités influentes du Bénin, arrêtées la semaine dernière pour leur implication présumée dans un projet de « coup d’État », ont été placées sous mandat de dépôt mardi soir. Olivier Boko, homme d’affaires proche du président béninois Patrice Talon, et Oswald Homéky, ancien ministre des Sports, attendent désormais leur procès en prison, selon l’un de leurs avocats, Ayodélé Ahounou, qui s’est exprimé auprès de l’AFP.
Arrêtés pour avoir, selon les autorités, tenté de corrompre le commandant de la Garde républicaine, Djimon Dieudonné Tévoédjrè, dans le cadre d’un complot visant à renverser le gouvernement, les deux hommes sont accusés de « corruption d’agent public, blanchiment de capitaux et complot contre l’autorité de l’État ». Si Tévoédjrè a depuis été relâché et blanchi de toute accusation, Boko et Homéky resteront en détention jusqu’à leur comparution devant la justice.
Cette affaire a provoqué une onde de choc au Bénin, notamment en raison du profil des deux accusés. Olivier Boko, 60 ans, est à la tête du groupe Denrées et Fournitures Alimentaires (DFA) et est un ami intime de Patrice Talon depuis plus de vingt ans. Considéré comme son « bras droit », il n’a jamais occupé de fonction officielle au sein du gouvernement, mais a récemment commencé à afficher ses ambitions politiques. Il aurait envisagé de se porter candidat à la présidence en 2026, ce qui, selon certaines sources, aurait provoqué des tensions avec le président actuel.
Oswald Homéky, quant à lui, ancien ministre des Sports, était un soutien clé de Boko dans ses ambitions présidentielles.
Patrice Talon, qui dirige le Bénin depuis 2016, arrive au terme de son second et dernier mandat en 2026, conformément à la Constitution. Toutefois, son administration est de plus en plus critiquée pour sa dérive autoritaire, dans un pays autrefois reconnu pour la vitalité de sa démocratie.



