Après avoir dépassé le délai accordé par le Premier ministre pour sa démission, Birame Soulèye Diop, ancien maire de Thiès-Nord, voit enfin son souhait se concrétiser. Son successeur, Mouhamadou Diakhaté, candidat du parti Pastef et ancien 8e adjoint au maire, a été élu maire de la commune avec 54 voix lors du scrutin organisé le samedi 3 août 2024 à l’Hôtel communal de Thiès-Nord.
En présence du Préfet Abdoul Sy, l’élection a vu Mouhamadou Diakhaté remporter la majorité des voix, devant Boubacar Dembélé avec 20 voix et Babacar Cissé avec 2 voix. Le Préfet a officiellement remis l’écharpe de maire à Diakhaté, marquant ainsi son entrée en fonction.
Le nouveau maire a rendu un hommage « vibrant » à Birame Soulèye Diop, qu’il décrit comme un mentor et un soutien constant. Diakhaté a exprimé sa gratitude envers Diop pour son aide précieuse et pour le travail accompli au bénéfice de Thiès. Il s’est engagé à poursuivre et à intensifier les efforts pour la commune, tout en remerciant les membres du Conseil municipal pour leur confiance.
La transition à la tête de Thiès-Nord ne s’est pas faite sans difficultés. En interne, des tensions étaient palpables entre les différents partis politiques, notamment entre le Pastef et le Parti pour l’unité et le rassemblement (PUR). La coopération entre ces partis s’étant détériorée, Pastef a manifesté une forte volonté de conserver la mairie de Thiès-Nord, surtout après avoir remporté la victoire aux élections en coalition avec Yewwi Askan Wi.
Certains observateurs politiques suggèrent que Pastef a voulu éviter de céder la mairie au PUR, de peur que ce parti ne prenne également le contrôle de Thiès-Ouest, dirigée par Dr Mamadou Djité. Ils soulignent que Dembélé, en tant que premier adjoint de Birame Soulèye Diop, avait été choisi pour représenter le PUR à Thiès en raison de sa contribution durant la campagne électorale.
Cette élection reflète des calculs politiques complexes et une gestion interne tendue au sein de la coalition Yewwi Askan Wi, les membres du Pastef étant perçus comme soucieux de maintenir le pouvoir au sein de leur propre camp. Les observateurs locaux notent que cette dynamique interne pourrait influencer les relations politiques et les stratégies futures des partis impliqués.



