La Russie accueille à partir de mercredi une vingtaine de chefs d’État africains à l’occasion du troisième sommet Russie-Afrique, organisé à Moscou. Cette rencontre, prévue sur deux jours, vise à renforcer les relations économiques, diplomatiques et stratégiques entre Moscou et les pays africains, dans un contexte de tensions persistantes entre la Russie et les puissances occidentales.
Selon Iouri Ouchakov, conseiller du Kremlin, les délégations de 48 pays africains participeront à cette rencontre. Parmi elles, 22 seront conduites par leurs chefs d’État. Pour les autorités russes, l’Afrique constitue un partenaire essentiel dans leur volonté de promouvoir un ordre mondial multipolaire.
« Nous sommes des alliés naturels dans la construction d’un ordre mondial multipolaire », a affirmé Iouri Ouchakov, quelques jours avant l’ouverture du sommet. Cette troisième édition fait suite aux rencontres organisées à Sotchi en 2019 et à Saint-Pétersbourg en 2023.
Moscou renforce ses relations avec les pays africains
Depuis le début de son offensive en Ukraine, en février 2022, la Russie cherche à consolider ses partenariats sur le continent africain. Confrontée à de lourdes sanctions occidentales et à un isolement diplomatique accru, elle multiplie les initiatives pour développer ses relations avec les pays africains.
Son discours contre le néocolonialisme et en faveur d’un ordre international plus équitable trouve un écho auprès de plusieurs dirigeants africains. Cette dynamique est particulièrement visible au Sahel, où le Mali, le Niger et le Burkina Faso se sont éloignés de la France pour renforcer leurs liens avec Moscou.
Les dirigeants de ces trois pays sont attendus au sommet. Une rencontre bilatérale est notamment prévue entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue malien, Assimi Goïta. Bamako bénéficie du soutien de personnels paramilitaires russes, notamment liés à Africa Corps, dans le cadre de sa lutte contre les groupes jihadistes.
Au cours des deux journées, Vladimir Poutine doit participer à deux séances plénières et enchaîner une vingtaine d’entretiens bilatéraux avec des dirigeants africains. D’autres rencontres sont également prévues vendredi.
La RDC et le Rwanda au cœur des enjeux diplomatiques
Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, figure parmi les dirigeants qui doivent s’entretenir séparément avec Vladimir Poutine. Sa présence intervient dans un contexte régional marqué par les tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali.
Le président rwandais, Paul Kagame, ne participera pas personnellement au sommet. Le Rwanda sera représenté par son Premier ministre, Justin Nsengiyumva, arrivé en Russie mardi soir.
Dans l’est de la RDC, les conflits armés se poursuivent depuis plus de trente ans. La région, riche en ressources naturelles et frontalière du Rwanda, est notamment confrontée à la résurgence du mouvement rebelle M23 depuis la fin de l’année 2021. Kinshasa accuse Kigali de soutenir ce groupe armé.
Malgré un accord de paix conclu en décembre sous l’égide des États-Unis, les affrontements continuent, notamment dans la province du Sud-Kivu. Cette situation demeure un enjeu majeur pour les relations diplomatiques dans la région des Grands Lacs.
Trente-trois documents attendus à l’issue du sommet
Au-delà des discussions politiques, Moscou entend donner une dimension concrète à cette rencontre. Deux déclarations doivent être adoptées à l’issue du sommet : l’une consacrée au renforcement de la coopération internationale entre la Russie et l’Afrique, l’autre portant sur la coopération dans le domaine de l’intelligence artificielle.
Selon le Kremlin, 33 documents seront également signés, notamment pour approfondir les relations économiques entre les deux parties.
Iouri Ouchakov a souligné le dynamisme du continent africain, précisant que les échanges commerciaux entre la Russie et les pays africains avaient dépassé 27 milliards de dollars en 2025.
Parallèlement, Moscou poursuit le développement de sa présence diplomatique en Afrique. La Russie dispose actuellement de 48 ambassades sur le continent et prévoit d’en ouvrir une nouvelle au Liberia.
Avec cette troisième édition du sommet Russie-Afrique, le Kremlin entend ainsi consolider ses partenariats politiques et économiques sur le continent, tout en renforçant sa position dans un environnement international marqué par les rivalités géopolitiques.



