À quelques jours des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), le Sénégal fait face à une nouvelle tension sociale. Les centrales syndicales ont appelé à une grève générale de 72 heures, prévue les 21, 22 et 23 octobre 2026, dans les secteurs public, parapublic et privé. En réaction, le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public conteste la régularité de ce mouvement et appelle les syndicats à privilégier le dialogue.
Le gouvernement soulève des irrégularités dans le préavis
Au cœur du différend figure la validité du préavis de grève déposé par les organisations syndicales. Dans un communiqué, le ministère dénonce le recours à un « préavis unique » adressé uniquement au ministre chargé de la Fonction publique et du Travail.
Selon l’administration, cette démarche ne permet pas de couvrir l’ensemble des travailleurs concernés, car les procédures varient selon les secteurs d’activité.
Dans le privé et le parapublic, le ministère invoque la loi n° 2026-18 du 3 septembre 2026 portant Code du travail. Celle-ci prévoit, selon le communiqué, une notification préalable à l’inspection du travail ou à la Direction générale du Travail. La transmission d’un préavis à la direction d’une entreprise intervient après l’échec constaté de la procédure de conciliation.
Pour les agents de l’État et des collectivités territoriales, le ministère se réfère à la loi n° 61-33 relative au Statut général des fonctionnaires. Ce texte prévoit un délai d’un mois après la notification d’un préavis écrit et motivé. Les agents territoriaux doivent également adresser leur préavis à leur autorité locale compétente.
Des sanctions évoquées en cas de participation
Sur la base de ces irrégularités présumées, le gouvernement qualifie le mouvement d’« illicite ». Il rappelle les conséquences possibles d’une cessation collective du travail, notamment les retenues sur salaire correspondant aux jours non travaillés et d’éventuelles sanctions disciplinaires.
Le communiqué évoque également la perte de certains droits aux indemnités en cas de rupture du contrat de travail, selon les situations concernées.
L’éducation et les accords sociaux au centre du débat
Le ministère aborde aussi la situation du secteur de l’Éducation et de la Formation. Il affirme qu’aucun préavis de grève n’a été formellement déposé depuis la signature du protocole d’accord du 16 avril 2026 entre le gouvernement et les organisations syndicales représentatives.
Concernant les revendications des travailleurs, l’administration estime que la majorité des points soulevés sont déjà pris en compte dans le Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable. Leur mise en œuvre fait, selon elle, l’objet d’un suivi à travers un comité de pilotage et un comité technique.
Les JOJ en toile de fond
Cette confrontation intervient à un moment stratégique pour le Sénégal, qui s’apprête à accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse, dont l’ouverture est annoncée pour le 31 octobre 2026.
Le ministère met en avant les enjeux liés à l’image internationale du pays et à la continuité du service public durant cet événement. Il appelle ainsi les centrales syndicales à faire preuve de « sens des responsabilités et d’esprit patriotique ».
Le gouvernement demande un gel du mouvement
Pour éviter une perturbation des services publics et de l’activité économique, le ministère invite les syndicats à répondre favorablement à la demande du Premier ministre. Celle-ci porte sur l’abandon du débrayage annoncé et le gel du mouvement jusqu’en janvier 2027, afin de poursuivre les discussions dans un cadre concerté.
À l’approche des dates annoncées, l’issue de cette confrontation reste incertaine. La capacité des autorités et des organisations syndicales à trouver un compromis déterminera si la grève des 21, 22 et 23 octobre sera maintenue ou si une nouvelle phase de négociations permettra de désamorcer les tensions.



