Le gouvernement français av annoncé, lundi 19 octobre, une première série de mesures destinées à soutenir les commerçants victimes des violences et des pillages survenus durant le week-end. Selon les premières estimations, au moins 3 000 commerces auraient été dégradés ou pillés à travers le pays. Pour limiter les conséquences économiques de ces actes, l’exécutif prévoit notamment un dispositif de chômage partiel à 100 % dès mardi 20 octobre, ainsi que la création d’un fonds de soutien spécifique.
Vitrines brisées, marchandises dérobées, stocks détruits et trésoreries fragilisées : les dégâts provoqués par les violences font craindre de lourdes conséquences pour les professionnels du commerce. À l’issue d’une réunion de la cellule interministérielle de crise, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a assuré que le gouvernement entendait éviter toute répercussion sociale majeure. Il a également souligné l’urgence d’accompagner les entreprises, dont certaines avaient déjà constitué leurs stocks en prévision des fêtes de fin d’année.
Le ministre du Commerce, Serge Papin, a évoqué un bilan provisoire d’au moins 3 000 commerces touchés, un chiffre supérieur à la première estimation avancée par Alain Di Crescenzo, président du réseau des chambres de commerce et d’industrie, qui faisait état d’environ 2 000 établissements concernés. Ce dernier avait évalué les pertes à plusieurs centaines de millions d’euros. Face à l’ampleur des dégâts, les représentants des commerçants, artisans, restaurateurs et hôteliers réclament des réponses rapides, notamment en matière d’indemnisation et de financement.
LES PETITS COMMERCES PARTICULIÈREMENT EXPOSÉS
Dans plusieurs grandes villes françaises, notamment Paris, Marseille, Lyon et Nantes, les commerces ont été la cible de dégradations et de pillages. À Paris, le BHV Marais a notamment subi une intrusion dimanche, lorsqu’une trentaine de personnes ont forcé son entrée, saccagé le rez-de-chaussée et dérobé des marchandises, selon la direction du grand magasin. L’établissement a également dénoncé des dégradations extérieures et appelé au respect du travail de ses 700 salariés.
Les petits commerces figurent également parmi les principales victimes de ces violences. Certains établissements ont été entièrement pillés, notamment sur le boulevard Magenta, dans la capitale. Au-delà des pertes matérielles, ces actes menacent directement la survie des entreprises les plus fragiles, qui pourraient ne pas disposer des ressources nécessaires pour financer les réparations, renouveler leurs stocks et maintenir leur activité.
Pour prévenir de nouveaux incidents, alors que la coordination des Gilets jaunes annonce de nouvelles mobilisations les 24 et 31 octobre, Sébastien Lecornu a demandé aux préfets de mettre en place des couvre-feux partiels et localisés. Les professionnels du secteur appellent, de leur côté, à un retour rapide au calme et à un renforcement des dispositifs de protection des commerces.
ASSURANCES, CRÉDITS ET TRÉSORERIE : LES PROFESSIONNELS PRESSENT LE GOUVERNEMENT
Au-delà du chômage partiel et du fonds de soutien annoncé, les organisations professionnelles plaident pour une accélération des procédures d’indemnisation par les assurances, la mise en place de fonds d’intervention et l’octroi de prêts à taux préférentiels. Alain Di Crescenzo estime que ces mesures sont indispensables pour permettre aux entreprises sinistrées de faire face aux dépenses immédiates et de préserver leurs emplois.
La déléguée générale de la Fédération du commerce et de la distribution, Judith Jiguet, a également insisté sur la nécessité d’accélérer les démarches administratives liées au chômage partiel et aux remboursements des assurances. Elle a par ailleurs évoqué la possibilité d’un moratoire fiscal pour les commerces les plus durement touchés, afin de leur donner davantage de marge de manœuvre financière.
Dans cette perspective, le groupe Crédit Agricole a annoncé des mesures destinées à soulager la trésorerie des entreprises concernées. Le dispositif prévoit notamment un moratoire sur les remboursements de crédits, ainsi qu’une ligne de financement d’urgence à un taux de 2,5 %, pouvant atteindre 20 000 euros et être débloquée sous 48 heures. La banque s’est également engagée à remplacer gratuitement, dans ce même délai, les terminaux de paiement électronique endommagés ou volés.
Un conseil exceptionnel des entreprises doit se tenir ce mardi 20 octobre, en présence notamment des ministres de l’Économie, du Commerce et du Travail. Cette réunion devrait permettre d’examiner les réponses à apporter à un secteur fragilisé, confronté à l’urgence de réparer les dégâts, de reconstituer les stocks et de préserver les emplois.



