Une frappe de drone attribuée à l’armée soudanaise a fait au moins 53 morts et 27 blessés graves dans un marché de la région disputée d’Abyei, à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud. L’attaque, survenue lundi, a été dénoncée mardi par les autorités locales, qui redoutent une aggravation du bilan humain.
Selon l’administration de la zone d’Abyei, les Forces armées soudanaises auraient mené cette frappe contre un espace commercial particulièrement fréquenté. Les premières constatations font état d’environ 22 munitions larguées au cœur du marché. Les autorités locales évoquent un bilan provisoire susceptible de s’alourdir, compte tenu de la gravité des blessures enregistrées.
Les victimes sont principalement des civils, parmi lesquels des femmes, des enfants, des personnes âgées et des commerçants. Des ressortissants sud-soudanais de retour dans leur pays ainsi que des réfugiés soudanais fuyant les violences figurent également parmi les personnes touchées. Le ministère sud-soudanais des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur du Soudan pour protester contre cette attaque, qu’il a condamnée avec la plus grande fermeté.
Située dans une zone frontalière revendiquée depuis l’indépendance du Soudan du Sud en 2011, Abyei bénéficie d’un statut administratif particulier et se trouve sous la supervision d’une force intérimaire de sécurité des Nations unies. Le marché visé constitue par ailleurs un important point de passage pour les marchandises à destination du Kordofan occidental, une région voisine contrôlée par les Forces de soutien rapide (FSR), engagées dans des combats contre l’armée soudanaise.
Cette nouvelle attaque intervient dans un contexte d’intensification des violences. Dimanche et lundi, plusieurs frappes menées dans des zones contrôlées par les paramilitaires auraient fait près de 100 morts supplémentaires. Depuis le déclenchement de la guerre en avril 2023, le Soudan est plongé dans une crise humanitaire majeure, marquée par la famine, les déplacements massifs de populations et un bilan humain estimé à plus de 200 000 morts, selon des travailleurs humanitaires.



