La situation se dégrade à nouveau dans le nord de l’Éthiopie. Les autorités rebelles du Tigré ont affirmé jeudi être en « guerre totale » contre le gouvernement fédéral. Des combats sont également signalés dans les régions voisines de l’Amhara et de l’Afar.
Les tensions entre les deux camps s’étaient intensifiées ces derniers mois. Elles ravivent le souvenir de la guerre du Tigré, qui avait fait au moins 600 000 morts entre 2020 et 2022, selon une estimation de l’Union africaine.
Des combats dans plusieurs régions
Les forces fédérales éthiopiennes et des groupes armés s’affrontent désormais dans plusieurs zones du pays. En Afar, des rebelles ont pris le contrôle de plusieurs localités mercredi.
Une source humanitaire citée par l’AFP a également signalé des tirs à l’arme lourde autour de Yalo, à une quarantaine de kilomètres du Tigré. Des blessés et des déplacements de population ont été rapportés.
La région Amhara est elle aussi touchée par les affrontements. Des combats ont notamment été signalés autour de Waldiya, une ville stratégique située sur un axe routier reliant le nord du pays à Addis-Abeba.
Le spectre d’une nouvelle guerre
Cette nouvelle escalade intervient moins de quatre ans après l’accord de paix signé à Pretoria. Depuis plusieurs mois, des troupes fédérales sont déployées près de la frontière avec le Tigré.
Les autorités fédérales ont également mené plusieurs frappes de drones dans la région depuis le début du mois d’août.
Face à cette situation, l’Union africaine et l’Union européenne ont appelé mercredi à une « désescalade immédiate ».
Une alliance contre le pouvoir fédéral
La crise dépasse désormais le seul conflit entre Addis-Abeba et le Tigré. Sept groupes opposés au gouvernement fédéral, dont le TPLF, les milices amhara Fano et l’Armée de libération oromo (OLA), ont annoncé dimanche la création d’une alliance.
Cette coalition affirme vouloir « renverser » le gouvernement d’Addis-Abeba. Elle a annoncé des « contre-offensives à grande échelle » en réponse aux opérations de l’armée fédérale.
Ces affirmations n’ont toutefois pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Addis-Abeba au cœur des tensions
Selon l’analyste Kjetil Tronvoll, les groupes armés chercheraient à atteindre Addis-Abeba. Waldiya représente notamment un point stratégique, en raison de sa position sur l’un des principaux axes routiers vers la capitale.
En Afar, l’objectif serait également de perturber l’approvisionnement entre Addis-Abeba et Djibouti.
Le gouvernement d’Abiy Ahmed accuse pour sa part le TPLF de s’être rapproché de groupes armés présents dans d’autres régions ainsi que de l’Érythrée.
Les relations entre Addis-Abeba et Asmara se sont fortement détériorées depuis la fin de leur coopération durant la guerre du Tigré. Pour Amanuel Assefa, vice-président du TPLF, les intentions de l’Érythrée restent incertaines. À la question d’une éventuelle intervention d’Asmara, il a répondu : « Pas tout de suite ».



