Le Plan de redressement économique et social (PRES) devrait générer nettement moins de recettes que prévu en 2026. Dans le projet de loi de finances rectificative (PLFR), les recettes attendues à fin décembre sont désormais estimées à 311,5 milliards de FCFA, contre 762,9 milliards dans la loi de finances initiale.
La révision représente une baisse de 451,4 milliards de FCFA, soit près de 59 % de la prévision initiale. Cette diminution correspond à une réévaluation des recettes attendues sur l’exercice et ne constitue pas, en elle-même, un montant présenté comme détourné ou définitivement perdu.
Les jeux de hasard fortement en retrait
Parmi les principaux écarts identifiés figure la fiscalité sur les jeux de hasard. Son rendement prévisionnel est désormais ramené à 120 milliards de FCFA, contre 300 milliards initialement prévus, soit une baisse de 180 milliards de FCFA.
Le PLFR fait également état de plusieurs mesures pour lesquelles aucun recouvrement n’est désormais attendu en 2026. Il s’agit notamment de la régularisation foncière massive, de la taxe sur l’exportation de l’or, de la réactivation des droits de sortie sur les exportations d’arachide ainsi que du renouvellement des conventions de concession des opérateurs téléphoniques.
Le document budgétaire ne précise toutefois pas, pour chacune de ces mesures, les raisons détaillées expliquant l’absence de recettes escomptées.
Les recettes fiscales globales également revues à la baisse
Cette contre-performance pèse sur le niveau global des recettes fiscales. Celles-ci sont désormais projetées à 4 931,5 milliards de FCFA, contre 5 384,8 milliards dans la loi de finances initiale, soit un écart de 453,3 milliards de FCFA.
Face à cette situation, le gouvernement entend renforcer les mécanismes de recouvrement et cibler notamment les recettes déjà dues à l’État. Le nouveau cadrage budgétaire prévoit ainsi de régulariser la TVA collectée mais non reversée, tout en renforçant les contrôles sur les minorations de chiffres d’affaires et d’impôt sur les sociétés.
L’enjeu est désormais moins de créer de nouvelles sources de recettes que de mobiliser plus efficacement les ressources fiscales déjà identifiées et exigibles, dans un contexte de réajustement des prévisions budgétaires pour 2026.



