Chaque grand rassemblement au Sénégal semble désormais s’accompagner d’un lourd tribut humain sur les routes. L’édition 2026 du grand magal de Touba n’a malheureusement pas échappé à cette triste réalité, avec 25 morts et de nombreux blessés. Si la responsabilité des acteurs du transport, notamment de certains chauffeurs qui font preuve d’une indiscipline notoire et d’une inconscience des vies humaines qui dependent de leur attitude , est indéniable, elle ne saurait occulter celle, plus grande encore, de l’État à travers son ministère des Transports. Le manque de contrôle, l’insuffisance des mesures préventives, la vétusté de certains véhicules et la faiblesse des sanctions entretiennent un cycle infernal qui transforme chaque grand événement en période de deuil national.
Dans un tel contexte, les populations étaient en droit d’attendre du ministre des Transports une attitude à la hauteur de la tragédie : se rendre auprès des victimes, présenter les condoléances de la Nation aux familles endeuillées, rassurer les Sénégalais et annoncer des mesures fortes pour mettre fin à cette hécatombe. Au lieu de cela, le débat s’est rapidement déplacé sur le terrain politique, le ministre estimant que ces drames étaient exploités pour le discréditer personnellement. Une telle posture donne l’impression que l’urgence est davantage de défendre une image que de protéger des vies humaines.
La sécurité routière ne doit jamais devenir un sujet de polémique politique. Chaque accident évitable est un échec collectif, mais avant tout celui des pouvoirs publics, investis de la mission de prévenir ces catastrophes. Les Sénégalais n’attendent ni justifications ni victimisation ; ils attendent des actes. Car gouverner, c’est avant tout assumer ses responsabilités, surtout lorsque la route continue d’emporter des dizaines de vies qui auraient pu être sauvées.



