À quelques mois des prochaines élections locales prévues en janvier 2027, le flou persiste autour du calendrier électoral au Sénégal. Maires et députés ignorent toujours avec précision la date de fin de leur mandat, tandis que les hypothèses d’un report des scrutins ou d’un couplage avec les élections législatives alimentent les débats.
C’est dans ce contexte d’incertitude que le consortium regroupant l’ONG 3D, le Collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE) et le Groupe de recherche et d’appui-conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (GRADEC) a organisé, ce jeudi, un débat public consacré à l’Acte IV de la décentralisation et aux pôles territoriaux, avec le soutien de l’Union européenne.
Lors de cette rencontre, le directeur exécutif de l’ONG 3D et coordonnateur du COSCE, Moundiaye Cissé, a plaidé pour une implication plus large des citoyens et des élus locaux dans le processus de réforme. Selon lui, une transformation aussi importante ne peut être menée uniquement par les experts et les décideurs politiques.
« Une réforme aussi importante ne peut pas être discutée seulement entre experts ou décideurs politiques. Les citoyens doivent être impliqués, car ce sont eux qui en vivront les conséquences », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’expliquer le contenu de la réforme et de recueillir des propositions pour enrichir le texte.
Au-delà de la décentralisation, Moundiaye Cissé a surtout exprimé ses préoccupations sur le manque de visibilité concernant le calendrier électoral. Pour lui, l’absence de clarté sur les prochaines échéances constitue un risque pour l’équité démocratique.
« Cette situation n’est pas normale dans une démocratie. Aujourd’hui, seul le mandat présidentiel semble verrouillé. Si on doit reporter, qu’on en discute. Si on doit coupler, qu’on en discute », a-t-il soutenu, appelant à ce que tous les acteurs politiques disposent des mêmes informations sur les règles du jeu électoral.
Le responsable de la société civile a également invité le président Bassirou Diomaye Faye à clarifier rapidement le calendrier afin d’éviter toute suspicion de déséquilibre entre les différents candidats.
En mai 2026, le ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, avait rappelé que le décret présidentiel convoquant le corps électoral pouvait être pris jusqu’à deux mois avant la tenue des élections. Une déclaration qui avait suscité des inquiétudes au sein de la société civile, alors que l’échéance des élections municipales et départementales approche.
Pour Moundiaye Cissé, l’urgence est désormais de rétablir la visibilité. « Nous voulons juste une chose : avoir une lisibilité du jeu électoral », a-t-il conclu.



