Le Sénégal est sur le point de renforcer l’accès au savoir pour les personnes déficientes visuelles. Lors du Conseil des ministres du 1er juillet 2026, le gouvernement a adopté un projet de loi autorisant le président de la République à ratifier le Traité de Marrakech, un accord international conclu en 2013 sous l’égide de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).
Ce traité vise à faciliter la production et la diffusion d’ouvrages en braille, en gros caractères, en format audio ou sous d’autres formats accessibles, afin de permettre aux personnes aveugles ou ayant des difficultés de lecture d’accéder plus facilement aux œuvres publiées.
À Thiès, cette décision est accueillie avec satisfaction par le directeur de l’Institut national d’éducation et de formation des jeunes aveugles (INEFJA), Aliou Faye. Interrogé par l’Agence de presse sénégalaise (APS), il s’est félicité de cette avancée, fruit de plusieurs mois de plaidoyer.
« Nous ne pouvons que nous en réjouir après avoir porté ce combat pendant des mois », a-t-il déclaré.
Selon lui, la ratification du Traité de Marrakech permettra au Sénégal de se conformer davantage aux principes consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’Homme et la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, notamment en matière de non-discrimination, d’égalité des chances et d’inclusion.
Pour les élèves et étudiants déficients visuels, cette réforme représente un changement majeur. Elle devrait leur offrir un accès plus équitable aux manuels scolaires, aux ouvrages universitaires et aux autres ressources pédagogiques, longtemps difficiles à obtenir en braille ou dans des formats adaptés.
Aliou Faye rappelle que l’absence de supports accessibles constituait un obstacle important à leur parcours scolaire. « Certaines épreuves d’évaluation ne leur laissaient aucune chance », souligne-t-il, estimant que cette situation pourrait bientôt appartenir au passé.
L’INEFJA affirme être prête à accompagner la mise en œuvre du traité. L’établissement collabore déjà avec le programme Accessible Books Consortium (ABC) de l’OMPI pour adapter de nombreux ouvrages aux besoins des personnes déficientes visuelles. Plusieurs auteurs sénégalais ont également autorisé la transcription de leurs œuvres, facilitant ainsi l’enrichissement du catalogue de livres accessibles.
Le directeur de l’institut appelle toutefois les pouvoirs publics à renforcer les capacités techniques de la structure. Il plaide notamment pour l’acquisition d’équipements spécialisés, tels que des imprimantes thermo-gonflables, du papier braille, des machines à relier et des dispositifs de lecture, afin de répondre à une demande appelée à croître.
Dans l’attente de la publication de la loi au Journal officiel et de sa notification à l’OMPI, l’INEFJA se dit disposée à mettre son expertise au service des universités, établissements scolaires et autres institutions engagées dans la promotion d’un accès inclusif au savoir.



