Lors de la séance plénière de ce lundi consacrée à l’examen du projet de révision de la Constitution, le député Abdou Mbow, membre du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, a exprimé son opposition à la procédure retenue pour modifier la loi fondamentale. Prenant la parole dans le cadre d’un appel au règlement, il a estimé que l’Assemblée nationale se trouvait face à « un moment d’une portée exceptionnelle dans l’histoire politique et institutionnelle » du Sénégal.
Selon le parlementaire, la réforme constitutionnelle en discussion dépasse largement le cadre d’un simple ajustement technique. Elle est, à ses yeux, de nature à modifier en profondeur l’équilibre des institutions et le fonctionnement du régime politique sénégalais. « Au-delà des discussions techniques qui nous sont soumises, c’est l’architecture même de notre régime politique qui est en débat », a-t-il déclaré devant les députés.
Abdou Mbow a rappelé que les grandes réformes institutionnelles intervenues depuis la révision constitutionnelle de 1963, adoptée par référendum, ont toujours donné lieu à une consultation populaire lorsqu’elles touchaient aux fondements du pacte institutionnel. Il a cité en exemple les réformes de 2001 et de 2016, elles aussi soumises au suffrage des Sénégalais.
Pour le député de Takku Wallu Sénégal, les modifications proposées entraîneraient un transfert significatif de l’autorité politique issue de l’élection présidentielle vers une majorité parlementaire, modifiant ainsi le centre de gravité des institutions. Une évolution qu’il juge suffisamment importante pour justifier l’organisation d’un référendum. « Une décision d’une telle portée ne peut être prise sans que le peuple sénégalais soit directement consulté », a-t-il soutenu.
En conclusion, Abdou Mbow a appelé ses collègues à faire preuve de responsabilité, de patriotisme, de lucidité et de sens de l’État, estimant que les choix opérés lors de cette séance auront des conséquences durables sur l’avenir institutionnel du pays. Son intervention s’est achevée dans un climat de tension. Demandant qu’« il n’y ait pas lieu à délibérer », il a vivement critiqué la majorité parlementaire, qu’il accuse de ne pas respecter les principes démocratiques, allant jusqu’à la qualifier de « fasciste ».



