L’Afrique du Sud, notamment la province du KwaZulu-Natal, fait face à une nouvelle vague de violences xénophobes qui plonge les communautés étrangères dans une profonde inquiétude. Parmi elles, la diaspora sénégalaise, estimée entre 5 000 et 10 000 personnes, vit dans un climat de peur grandissant.
À Durban, Talla Ndiaye, commerçant installé depuis une quinzaine d’années, décrit une situation devenue intenable. Il confie que les attaques visant les étrangers se multiplient, menées avec des armes rudimentaires, et que le simple fait d’être identifié comme non-national suffit désormais à s’exposer à des violences. Par crainte, il a fermé sa boutique depuis plusieurs jours, estimant que l’ouvrir reviendrait à prendre un risque majeur pour sa sécurité et celle de ses biens.
Dans la province de Eastern Cape, Ousseynou Sy, présent dans le pays depuis deux décennies, évoque une insécurité généralisée. Selon lui, peu importe l’origine — sénégalaise, malienne ou autre —, tous sont perçus comme des étrangers et potentiellement ciblés. Travailler au quotidien est devenu une source d’angoisse permanente.
Interrogé également, l’ancien diplomate Momar Talla Fall replace ces tensions dans un cycle récurrent. Il rappelle que des épisodes similaires surviennent régulièrement en Afrique du Sud, souvent sur fond de frustrations économiques. Les migrants sont alors accusés, à tort selon lui, de capter les opportunités, alimentant ainsi les violences.
Face à cette situation, les Sénégalais s’organisent pour se protéger. Des groupes sur WhatsApp permettent de partager rapidement des informations et des alertes, renforçant la solidarité entre membres de la communauté.
Même si aucune attaque directe contre des Sénégalais n’a été officiellement confirmée, tous témoignent d’un climat de tension constant et d’une inquiétude croissante. Les expatriés appellent les autorités sud-africaines à agir rapidement afin de mettre un terme aux violences et de garantir la sécurité de tous.


