À l’occasion de la Fête du Travail, les représentants du personnel de 2AS ont exprimé leurs inquiétudes face à un projet de filialisation envisagé par Air Sénégal. Une initiative qu’ils jugent risquée dans un contexte déjà marqué par les difficultés de la compagnie nationale et les incertitudes pesant sur l’avenir des employés.
Réunis devant la presse, les agents de 2AS ont profité de cette journée symbolique pour alerter sur les mutations en cours dans le secteur aérien. Alassane Ndoye, secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs des transports aériens et activités annexes, a rappelé l’héritage historique du 1er mai, en évoquant notamment Haymarket Affair, à l’origine de la revendication des huit heures de travail.
Mais au-delà du symbole, le responsable syndical a surtout mis en garde contre une éventuelle prise de participation majoritaire d’Air Sénégal dans 2AS. Selon lui, la cession de jusqu’à 75 % du capital à une entreprise déjà en difficulté pourrait fragiliser davantage une structure qu’il considère pourtant comme une « fierté nationale ».
Il a ainsi plaidé pour une autre approche, privilégiant l’ouverture du capital à des partenaires stratégiques capables d’apporter des ressources financières et des équipements adaptés, plutôt que de confier le contrôle à une compagnie en situation fragile.
Le syndicat insiste également sur la nécessité de protéger les quelque 1 000 emplois de 2AS et rejette toute décision unilatérale de l’État qui ne tiendrait pas compte des intérêts des travailleurs. Parmi les pistes avancées figurent la révision du pacte d’actionnaires et le renforcement des garanties liées au statut des employés.
En guise d’exemple, les travailleurs citent Air Côte d’Ivoire, présentée comme un modèle de gestion performant, bien qu’elle ne prenne pas directement en charge les services d’assistance au sol.
Enfin, ils regrettent leur mise à l’écart des discussions en cours au niveau de la Primature concernant la relance d’Air Sénégal. Tout en espérant être entendus, ils préviennent qu’ils pourraient envisager des actions pour défendre leurs intérêts si leurs préoccupations ne sont pas prises en compte.
En ce 1er mai, le message est clair : pour les agents de 2AS, la préservation de leur outil de travail constitue une ligne rouge.


