L’annonce du Premier ministre Ousmane Sonko concernant une prochaine baisse des prix de l’électricité, de l’essence et du gaz a été accueillie avec un soulagement immédiat. Dans un contexte de forte pression sur le pouvoir d’achat, cette décision représente une bouffée d’oxygène pour les ménages et les entreprises.
Mais derrière cette mesure se dessine une stratégie énergétique nationale plus ambitieuse, directement liée à l’exploitation des ressources gazières locales, analyse Mbaye Hadj, ingénieur et spécialiste des questions énergétiques.
Selon l’expert, le gaz naturel issu du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), partagé avec la Mauritanie, a été renégocié de manière stratégique, permettant au Sénégal de bénéficier d’un quota réservé avec des conditions économiques avantageuses. Cette marge de manœuvre offre un levier essentiel pour l’entrée progressive du gaz dans le mix énergétique national, réduisant ainsi le coût de production électrique.
« En dehors de la réduction des taxes, c’est l’accès à une ressource locale, stable et maîtrisée qui pourrait permettre d’abaisser durablement le coût de l’électricité », souligne Mbaye Hadj.
Le champ de Yakaar-Teranga est présenté comme la seconde étape cruciale pour assurer la pleine souveraineté énergétique du pays, bien qu’il ne soit pas encore exploité.
L’ingénieur appelle néanmoins à la prudence face aux défis de cette transition :
- Investissements massifs nécessaires
- Adaptation des centrales électriques à cette nouvelle source de combustible
- Renégociation des contrats et renforcement des infrastructures
- Coordination institutionnelle solide
Malgré ces défis, cette annonce est saluée comme une avancée politique majeure, traduisant une volonté d’agir sur les leviers économiques et énergétiques pour stimuler la compétitivité des entreprises et soulager le pouvoir d’achat.
« L’électricité est le moteur du développement. Une énergie abordable, fiable et durable constitue la clé de la transformation économique, de la création d’emplois et de la modernisation du pays », conclut Mbaye Hadj.
« Réussir cette mutation énergétique, c’est poser les fondations d’un Sénégal plus autonome, productif et résilient face aux chocs mondiaux. »


