La fixation du prix du kilo d’arachide à 305 F CFA par le gouvernement a provoqué une vive colère parmi les agriculteurs de Kaolack, qui jugent cette décision insuffisante. Cette mesure, annoncée récemment, a particulièrement déçu les paysans, qui s’attendaient à une réévaluation bien plus conséquente du prix de l’arachide.
Le président du mouvement Arr Sunu Mommel, représentant des agriculteurs, a exprimé sa surprise et son mécontentement face à cette fixation. Selon lui, les producteurs espéraient un prix avoisinant les 500 F CFA le kilo, compte tenu des nombreuses difficultés rencontrées cette année. « Nous avons fait face à une mauvaise qualité des intrants et des semences, un retard dans la distribution des engrais, et une production arachidière qui a été particulièrement faible. Dans ce contexte, nous estimions qu’une hausse plus significative était légitime », a-t-il déclaré. Il souligne également que l’augmentation de 25 F CFA par rapport au prix de l’année dernière reste insuffisante et ne répond pas aux attentes des agriculteurs.
Outre cette décision sur le prix, le président du mouvement déplore également la politique gouvernementale concernant l’interdiction des importations d’arachides, notamment en provenance de Chine, et le rôle exclusif de la Sonacos et des autres opérateurs locaux. « Cette situation ne nous satisfait pas, car elle pourrait entraîner une accumulation de créances impayées et laisser les agriculteurs dans l’incapacité de régler leurs dettes », avertit-il.
Il craint également que l’absence de concurrence n’offre aux huiliers sénégalais la possibilité de fixer des prix inférieurs à ceux imposés par l’État, exploitant ainsi leur position dominante sur le marché. « Sans concurrents, ils feront ce qu’ils veulent et risquent de proposer des prix inacceptables pour les producteurs », a-t-il ajouté.
Face à ces préoccupations, les agriculteurs incitent le gouvernement à revoir sa décision et à mettre en place des mesures d’accompagnement adaptées à la réalité du terrain. La situation actuelle, selon eux, nécessite une intervention plus forte pour soutenir véritablement les producteurs et garantir un prix équitable pour leurs produits.



