Le Sénégal attend avec impatience la proclamation officielle des résultats des élections législatives, prévue pour le 21 novembre 2024. Toutefois, les premières tendances des commissions départementales de recensement des votes indiquent déjà une large victoire pour le parti du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko. Cette majorité dépasse les 99 sièges nécessaires pour adopter des réformes constitutionnelles, notamment celles nécessitant une majorité des 3/5e. Mais alors, quels sont les chantiers prioritaires pour le gouvernement dans les mois à venir ?
L’urgence d’une loi de finances
La première priorité du gouvernement est l’adoption urgente de la loi de finances pour 2025. Ce texte fondamental est indispensable pour planifier les dépenses et les investissements du pays, notamment en matière de développement économique. Ce projet de loi, qui avait été bloqué en juin 2024 par l’ancienne majorité, devra impérativement être adopté d’ici fin janvier 2025, afin d’assurer le bon fonctionnement des ministères et d’enclencher la mise en œuvre des promesses faites dans le cadre du plan « Sénégal 2050 ». Ce plan ambitieux, visant à moderniser et transformer l’économie sénégalaise, doit désormais trouver son financement, dans un contexte budgétaire très contraint et sous la pression des attentes du Fonds Monétaire International (FMI).
Selon l’économiste Magaye Gaye, l’adoption de cette loi de finances est essentielle : « Depuis sept mois, les nouvelles autorités ont dû travailler avec le budget précédent. Une fois la loi de finances 2025 adoptée, ce sera enfin l’occasion de mettre en œuvre le programme économique Vision 2050 ». Cette feuille de route permettra de répondre aux urgences économiques du pays, notamment la question de l’emploi et de la vie chère, tout en envoyant un message fort aux partenaires financiers internationaux.
Reddition des comptes et justice
Les nouvelles autorités sénégalaises, conscientes de l’attente populaire, se sont également engagées à renforcer la transparence et la reddition des comptes. Parmi les engagements clés figurent la création d’une Haute Cour de justice, institution qui sera chargée de poursuivre les anciens chefs d’État. Cette réforme nécessite une majorité qualifiée, soit au moins 99 voix au Parlement, et pourrait être l’une des premières initiatives à voir le jour sous la nouvelle législature.
Un autre dossier sensible est celui de la loi d’amnistie, adoptée dans les derniers jours du mandat de l’ancien président Macky Sall. Cette loi exemptait de poursuites les personnes impliquées dans les manifestations et leur répression entre février 2021 et 2024. Le Premier ministre Ousmane Sonko a promis de revenir sur ce texte, en vue de son abrogation, afin de renforcer la justice et l’État de droit.
Les premières semaines de la nouvelle législature seront cruciales pour l’exécutif sénégalais. L’adoption rapide de la loi de finances 2025 sera un signe de la volonté du gouvernement d’entrer dans l’action. À cela s’ajoutera l’implémentation de réformes institutionnelles majeures, telles que la création de la Haute Cour de justice et l’abrogation de la loi d’amnistie, afin de restaurer la confiance du peuple et des partenaires internationaux. Les autorités devront agir avec célérité pour répondre aux enjeux économiques et sociaux qui pèsent sur le pays.



