Alors que le 47e président des États-Unis, Donald Trump, se prépare à prendre ses fonctions pour un second mandat le 20 janvier prochain, il continue de façonner son équipe avec une série de nominations marquées par sa recherche de loyauté absolue. À 78 ans, Trump semble bien déterminé à ne pas répéter les erreurs qu’il estime avoir commises lors de son premier mandat, lorsqu’il avait choisi des collaborateurs qu’il considère comme « déloyaux ». Dans un podcast enregistré fin octobre avec l’influent Joe Rogan, Trump a reconnu avoir fait des choix discutables, notamment en nommant des personnes qui ne lui étaient pas fidèles, une erreur qu’il entend ne pas répéter cette fois-ci.
Parmi les postes encore vacants et très attendus figurent ceux de secrétaire au Trésor, de responsable du Commerce extérieur, et de porte-parole de la Maison Blanche. Cependant, la nomination de Trump ne s’arrête pas là : ses choix pour des postes stratégiques, comme ceux du renseignement et de la Justice, continuent de susciter de vives réactions.
La nomination de Tulsi Gabbard à la tête des services de renseignement américains est l’une des plus controversées. Ancienne membre du Parti démocrate, elle a été une fervente supportrice de la politique étrangère de Trump et est connue pour ses positions prorusses. Son choix a fait réagir de nombreux observateurs, certains qualifiant cette décision de « provocation ». Gabbard avait rejoint Trump lors d’un meeting en octobre, le qualifiant de « président courageux et fort, prêt à se battre pour la paix ».
Quant au ministère de la Justice, Trump aurait désigné Matt Gaetz, un élu républicain connu pour son soutien inébranlable à la ligne politique de Trump. Gaetz, qui a récemment fait l’objet de scandales médiatiques, dont des accusations de relations inappropriées, serait l’une des nominations les plus controversées, en raison de son manque d’expérience dans le domaine judiciaire. L’ancien conseiller à la sécurité nationale de Trump, John Bolton, n’a pas mâché ses mots à propos de cette nomination, la qualifiant de « pire nomination de ministre de l’Histoire des États-Unis ».
Une équipe aux profils atypiques
Donald Trump, qui a opté pour un style de gouvernance à forte connotation médiatique lors de son premier mandat, semble continuer dans cette voie. Le magnat de l’immobilier privilégie des personnalités qui n’ont souvent pas d’expérience dans l’appareil d’État, mais qui lui témoignent une loyauté sans faille. Parmi les noms qui circulent, Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, pourrait jouer un rôle clé dans la réduction des dépenses publiques et la dérégulation économique. Musk, très impliqué dans la campagne de Trump, a largement utilisé ses millions d’abonnés sur X (anciennement Twitter) pour soutenir le républicain.
De nombreux autres futurs membres de l’équipe de Trump sont des figures populaires des médias conservateurs. Plusieurs d’entre eux apparaissent régulièrement sur Fox News, la chaîne de télévision préférée de Trump, où ils louent ses réalisations et lui expriment leur soutien. Kristi Noem, qui pourrait être nommée à la tête du ministère de la Sécurité intérieure, est un exemple de ces personnalités télévisuelles. Lors d’un meeting, Trump avait d’ailleurs commenté qu’elle était « très belle », une remarque qui n’a pas manqué de faire parler.
Une autre nomination surprenante concerne Pete Hegseth, animateur de Fox News et ancien militaire, qui pourrait prendre les rênes du Pentagone. Son manque d’expérience dans le commandement militaire de haut niveau a surpris nombre d’observateurs, d’autant qu’il est connu pour ses positions très conservatrices et son jugement sévère à l’égard de ce qu’il considère comme une armée trop progressiste.
Des choix qui suscitent l’indignation chez les démocrates
Les démocrates, et notamment le sénateur John Fetterman, ont réagi vivement aux nominations successives de Trump, qu’ils qualifient de « provocation » ou de « trolling de compétition », une manœuvre délibérée pour défier les progressistes et semer le trouble. La nomination de personnalités à la fois polémiques et télégéniques semble bien être une stratégie de Trump pour s’attirer l’attention et mobiliser sa base électorale.
Dans l’ensemble, les choix de Trump pour constituer son équipe traduisent une fois de plus sa volonté de s’entourer de figures loyales et médiatiques, quitte à choquer une partie de l’opinion publique. Reste à savoir si ces nominations, souvent spectaculaires et controversées, parviendront à solidifier son pouvoir au sein de l’appareil d’État ou si elles risquent de se retourner contre lui à mesure que son second mandat débutera.



