Dans une affaire d’envergure, la Douane sénégalaise a exigé une somme colossale de 822 milliards 917 millions 816 mille 365 francs CFA auprès de l’entreprise américaine McDermott Marine, spécialisée dans l’ingénierie et la construction sous-marine, ainsi que de ses partenaires locaux, Oma Sénégal et Oma Logistics. Ces dernières fournissent respectivement des services d’agence maritime et d’agent agréé en douane pour les navires accostant au Port de Dakar.
L’affaire remonte à un procès-verbal daté du 13 septembre, transmis au parquet de Dakar, dans lequel la Douane accuse ces entreprises d’avoir violé les termes du régime d’admission temporaire exceptionnelle. Ce régime permettait à certains navires, opérant sous McDermott Marine, d’entrer dans les eaux sénégalaises sans être soumis aux droits et taxes d’entrée, à condition qu’ils ne quittent pas le territoire sans autorisation ou acquittement des obligations douanières.
Cependant, lors d’un contrôle, la Douane a constaté que plusieurs de ces navires avaient quitté le Sénégal sans autorisation préalable ni régularisation douanière, en infraction avec les engagements souscrits. Après enquête, notamment auprès de la Marine sénégalaise, il a été établi que McDermott Marine, représentée par Oma Sénégal et Oma Logistics, avait non seulement manqué à ses obligations, mais avait aussi fait sortir les navires sans les déclarer aux autorités compétentes.
Face à ces manquements, la Douane a saisi la justice pour demander la confiscation à l’équivalent des navires concernés, évaluée à 387 milliards 148 millions 811 mille 668 francs CFA. En plus de cette demande de confiscation, elle réclame une amende équivalente à 424 milliards 702 millions 246 mille 399 francs CFA, soit la valeur marchande des navires sur le marché intérieur.
La somme totale des réclamations dépasse les 800 milliards de francs CFA, incluant des droits et taxes impayés de 11 milliards 66 millions 758 mille 298 francs CFA pour non-respect des engagements souscrits.
Outre les sanctions financières, la Douane demande également des peines de prison pour les dirigeants des deux entreprises impliquées. Ainsi, Madame Dapina, directrice d’Oma Sénégal, et Cooshna Sandeep, directeur d’Oma Logistics, risquent des peines allant de six mois à cinq ans de prison.
Le quotidien Libération, qui a révélé cette affaire dans son édition du mardi, rapporte que le parquet a déjà requis l’ouverture d’une information judiciaire pour «exportations sans déclarations» et «blanchiment de capitaux», donnant à cette affaire des dimensions encore plus graves.



