Les tensions s’intensifient au Yémen. Les Houthis ont averti Washington que les intérêts américains au Moyen-Orient pourraient être pris pour cibles si les États-Unis intervenaient aux côtés de l’Arabie saoudite ou tentaient de reprendre le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb.
Une mise en garde adressée à Washington
Abed Mohammed al-Thawr, conseiller du ministre chargé de la Défense au sein du gouvernement autoproclamé houthi, a lancé cet avertissement lors d’un entretien accordé mardi à l’AFP à Sanaa.
Selon lui, une intervention militaire américaine constituerait une « ligne rouge ». Il a également affirmé que les intérêts américains présents dans la région seraient considérés comme des cibles si Washington apportait un soutien aérien à Riyad.
Cette déclaration intervient alors que les Houthis ont récemment renforcé leur contrôle sur le littoral ouest du Yémen, notamment autour du détroit de Bab el-Mandeb. Ce passage maritime relie la mer Rouge au golfe d’Aden et constitue une voie stratégique pour le commerce international.
Riyad cherche du soutien
L’Arabie saoudite fait face depuis plusieurs semaines à une intensification des attaques des Houthis. Riyad soutient les forces gouvernementales yéménites opposées au mouvement et a mené des frappes contre des positions houthis.
Des médias américains ont rapporté que l’Arabie saoudite avait demandé un soutien américain pour contenir les avancées des Houthis. Pour l’heure, Washington n’a pas annoncé d’intervention militaire directe dans le conflit.
De leur côté, les Houthis affirment avoir consolidé leur présence sur la côte de la mer Rouge. Leur progression autour de Bab el-Mandeb fait craindre de nouvelles perturbations sur une route maritime stratégique.
Les Houthis et l’Iran : des positions divergentes
Lors de son entretien avec l’AFP, Abed Mohammed al-Thawr a assuré que les Houthis et l’Iran formaient « un seul bloc ».
Téhéran rejette toutefois cette présentation. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, affirme que les Houthis sont des acteurs indépendants et prennent leurs décisions en fonction de leurs propres intérêts.
La situation humanitaire continue également de se dégrader. Selon le HCR, plus de 130 000 personnes ont fui leur domicile depuis le début du mois de septembre en raison de l’intensification des combats. L’agence onusienne redoute de nouveaux déplacements dans les prochaines semaines.



