Pour demander un visa Schengen, il faut désormais débourser 90 euros, soit environ 59 000 FCFA. Cette somme reste acquise aux autorités consulaires, que la demande soit acceptée ou refusée.
Selon les données compilées par le collectif LAGO, les pays africains auraient ainsi perdu près de 60 millions d’euros, soit environ 39 milliards de FCFA, en frais liés à des demandes refusées en 2024.
Depuis juillet 2024, les frais de visa sont passés de 80 à 90 euros. Une hausse qui renforce le coût des démarches pour les demandeurs dont les dossiers n’aboutissent pas.
Des taux de refus élevés dans plusieurs pays africains
En 2024, neuf des treize pays affichant un taux de refus d’au moins 40 % étaient africains, selon les chiffres cités dans cette analyse.
Les Comores arrivaient en tête avec près de 63 % de demandes rejetées. Au Sénégal, le taux de refus atteignait environ 47 %. Le Nigeria et le Ghana se situaient autour de 46 %, contre une moyenne mondiale de 26 %.
À titre de comparaison, le taux de refus enregistré pour les demandes provenant de Chine était d’environ 4 %.
Le coût dépasse les frais de visa
Les 90 euros ne constituent toutefois qu’une partie de la facture. Les demandeurs doivent également prendre en compte les frais de service des prestataires chargés de réceptionner les dossiers, ainsi que les dépenses liées aux documents administratifs et aux assurances de voyage.
À cela peuvent s’ajouter les pertes occasionnées par certaines réservations d’hôtel ou de transport effectuées avant l’obtention du visa.
Un refus peut également compliquer certaines démarches ultérieures, notamment parce que les informations relatives aux demandes sont enregistrées dans le système d’information sur les visas Schengen.
Des refus qui suscitent des interrogations
Les motifs de refus mentionnent fréquemment des doutes concernant la volonté du demandeur de quitter le territoire avant l’expiration du visa ou l’insuffisance de certains justificatifs.
Les décisions peuvent faire l’objet d’un recours. Toutefois, les démarches nécessaires pour contester un refus peuvent être longues et coûteuses, ce qui limite leur utilisation par de nombreux demandeurs.
Le visa au cœur des relations entre l’Europe et l’Afrique
La question des visas dépasse également le cadre administratif. L’Union européenne dispose de mécanismes permettant de renforcer la coopération avec certains pays sur la gestion des migrations et le retour des ressortissants en situation irrégulière.
De leur côté, les autorités européennes défendent un examen individuel des demandes. Elles mettent notamment en avant les risques de dépassement de séjour, les documents falsifiés ou encore l’insuffisance de garanties financières.
Ces explications alimentent néanmoins le débat sur l’équité du système, particulièrement dans les pays où les taux de refus sont élevés.
La libre circulation africaine également en question
La situation renvoie enfin aux propres difficultés de circulation sur le continent africain. Les exigences de visa entre certains pays, les contrôles aux frontières et les retards dans la mise en œuvre des projets d’intégration régionale continuent de limiter la mobilité des Africains.
Pour plusieurs observateurs, le renforcement de la libre circulation en Afrique constitue également un enjeu important dans les discussions sur les relations migratoires entre le continent et l’Europe.



