Ce week-end, près de 200 personnes ont été tuées à Port-au-Prince, capitale d’Haïti, lors de violences menées par un puissant chef de gang. Selon l’ONU, ce massacre tragique porte à 5 000 le nombre de morts en Haïti depuis le début de l’année.
L’attaque aurait été déclenchée par des raisons superstitieuses. Le chef de gang, croyant que la maladie de son fils était le résultat d’un mauvais sort envoyé par des pratiquants du vaudou, a ordonné une série de représailles contre les personnes âgées et les adeptes de cette religion. L’ONG haïtienne Comité pour la paix et le développement (CPD) a précisé que les membres du gang étaient chargés d’identifier et de capturer les victimes, avant de les exécuter dans le repaire du leader.
Volker Türk, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, a confirmé lors d’une conférence de presse à Genève que ce massacre à Port-au-Prince a fait au moins 184 victimes. Il a souligné que cet événement tragique s’inscrivait dans un contexte de violence généralisée, qui a déjà coûté la vie à 5 000 personnes cette année en Haïti.
Les attaques se sont concentrées dans le quartier de Cité Soleil, un des plus pauvres et des plus touchés par les violences dans la capitale haïtienne. Selon le CPD, les victimes étaient principalement des personnes âgées de plus de 60 ans, bien que des jeunes tentant de s’interposer aient également été tués. Certains corps ont été retrouvés mutilés et brûlés dans les rues, selon des témoins.
La situation en Haïti s’aggrave depuis plusieurs mois, avec une intensification de la violence des gangs, qui contrôlent désormais environ 80 % de la capitale. Cette violence est exacerbée par une crise politique chronique, qui dure depuis des décennies. Depuis février 2024, les groupes armés ont intensifié leurs attaques, menaçant l’ordre public et renversant l’autorité de l’État.
Malgré l’intervention d’une mission multinationale soutenue par l’ONU et les États-Unis, dirigée par le Kenya, les violences ne montrent aucun signe de ralentissement. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a estimé que plus de 700 000 personnes ont été déplacées en raison des conflits, dont la moitié sont des enfants.
Le vaudou, une pratique religieuse profondément enracinée dans la culture haïtienne, est toujours perçu par certains comme une cause de malheur ou de malédiction, ce qui alimente les violences ciblant ses pratiquants. Bien que cette religion ait été interdite pendant la colonisation, elle a été reconnue officiellement par le gouvernement haïtien en 2003.



