Un attentat rare a secoué Moscou ce mardi matin, lorsqu’une explosion a tué Igor Kirillov, commandant des forces russes de défense radiologique, chimique et biologique, ainsi que son assistant. L’explosion, survenue près d’un immeuble résidentiel dans le sud-est de la capitale russe, a été causée par un engin explosif déclenché à distance, selon le Comité d’enquête russe. L’incident a conduit à l’ouverture d’une enquête pour « assassinat », « attentat » et « trafic d’armes ».
Âgé de 54 ans, le général Kirillov, précédemment sanctionné par Londres pour le déploiement présumé d’armes chimiques en Ukraine, est le plus haut responsable militaire russe tué à Moscou depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Bien que l’unité qu’il dirigeait n’ait pas en charge l’arsenal nucléaire russe, sa fonction le plaçait au cœur des activités militaires sensibles de la Russie.
L’attaque, dans cette ville lourdement protégée, a été revendiquée par les services de sécurité ukrainiens (SBU), qui accusent Kirillov d’être responsable de l’utilisation d’armes chimiques contre les troupes ukrainiennes. Selon une source au sein du SBU, il s’agirait d’une « opération spéciale ».
Les détails de l’attaque
L’engin explosif, placé sur une trottinette près de l’entrée d’un immeuble sur l’avenue Riazanski, a brisé les vitres de plusieurs appartements et causé de lourds dégâts à l’entrée du bâtiment. Des témoins ont décrit un bruit très fort à l’impact de l’explosion. Mikhaïl Machkov, étudiant de 19 ans, a relaté : « Le bruit a été très fort, et lorsque nous avons vu la police, nous avons compris qu’il s’était passé quelque chose d’extraordinaire. »
L’incident a choqué la capitale russe, souvent considérée comme hautement sécurisée. Le quotidien Kommersant a qualifié l’attaque de « crime sans précédent » dans la ville. Le général Kirillov était notamment connu pour ses déclarations publiques concernant les accusations de Moscou contre les États-Unis concernant des laboratoires d’armements biologiques en Ukraine.
Les réactions politiques et militaires
La communauté politique russe a rapidement réagi à la mort de Kirillov. Dmitri Medvedev, ancien président et fervent défenseur de la ligne dure contre Kiev, a qualifié l’attaque de tentative de « semer la peur » et a assuré que ces efforts échoueraient. Viatcheslav Volodine, président de la Douma, a salué la mémoire du général, le qualifiant de « patriote » et d’« homme de devoir », tandis que Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe, a exprimé son chagrin sur Telegram.
Le vice-président du Conseil de la Fédération, Konstantin Kossatchev, a promis que les responsables de l’attaque seraient « punis sans pitié ».
Un contexte tendu
Cette attaque survient alors que la guerre en Ukraine continue de faire rage. Le président Vladimir Poutine, lors d’une réunion lundi avec le ministère de la Défense, avait salué les avancées de l’armée russe, affirmant que son pays avait pris l’initiative sur tous les fronts. Selon Kommersant, l’attentat pourrait avoir été orchestré en lien avec cette réunion importante.
La situation à Moscou demeure tendue, et l’attaque contre un haut responsable militaire russe pourrait avoir des répercussions sur la dynamique politique et militaire de la Russie dans le contexte de son offensive en Ukraine.



