Depuis quelque temps, une certaine faune d’« analystes » autoproclamés, rejoints par des opportunistes de tout bord, s’agite pour théoriser le prétendu « verrouillage » des ambitions présidentielles d’Ousmane Sonko pour 2029.
Cette grille de lecture souffre d’une infirmité fondamentale : elle applique les vieux logiciels de la politique politicienne et des plans de carrière à un phénomène qui la dépasse complètement. Réduire une telle trajectoire à de simples calculs électoraux est une erreur d’analyse fatale. Le régime précédent, qui s’est cassé les dents sur cette même rigidité, en a d’ailleurs payé le prix fort.
Pourquoi ces « experts » se trompent-ils de combat ?
1- La politique des postes face au « don de soi »
Pour l’opportuniste, la politique n’est qu’une quête obsessionnelle de décrets, de sinécures et de titres. Pour un homme de conviction, elle est un instrument au service d’une rupture systémique. Ousmane Sonko a magistralement prouvé sa capacité d’effacement au profit d’un autre, une grandeur politique rare où l’intérêt général et le respect des institutions constitutionnelles l’emportent sur toute ambition personnelle.
2- Un patriotisme incarné et assumé
Si les peuples d’Afrique et sa jeunesse s’identifient si massivement à son engagement, ce n’est pas par rapport aux fonctions qu’il a occupées ou qu’il pourrait occuper à l’avenir. C’est parce qu’il incarne un patriotisme authentique, viscéral et sans concession. On peut chercher à verrouiller des textes juridiques, mais on ne verrouille pas l’esprit d’un peuple qui a décidé de s’émanciper.
3- Une résilience qui forge l’Histoire
Face aux cabales, aux persécutions et aux tentatives d’anéantissement politique, sa posture est restée inflexible. Cette résilience à toute épreuve a transformé un homme en un symbole de dignité pour tout un continent. Le véritable succès de ce combat ne réside pas dans un organigramme, mais dans l’irréversibilité de la prise de conscience collective qu’il a fait naître.
Parler de « verbalisme sans actions concrètes » à l’égard de celui qui a structuré l’opposition, survécu à des complots d’État d’une violence inédite et imposé l’alternance relève soit d’une cécité volontaire, soit d’une pure mauvaise foi.
Aux opportunistes pressés et aux analystes à la petite semaine, le temps opposera sa rigueur. Le réveil démocratique, le don de soi et la quête de justice sociale sont en marche, et aucun calcul d’appareil ne pourra en bloquer l’issue.
Dakar , 18 juillet 2026
Saïd LARIFOU



