L’ancien président du groupe Benno Bokk Yaakaar (BBY), Moustapha Diakhaté, est actuellement jugé devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Il est poursuivi pour avoir proféré des insultes via un système informatique et tenu des propos contraires aux bonnes mœurs. Lors de l’audience, présidée par le juge Mamadou Diouf, le procureur de la République a requis une peine d’un an de prison, dont six mois ferme, ainsi qu’une amende de 100 000 francs CFA à l’encontre du prévenu.
Les faits reprochés à Moustapha Diakhaté remontent au 19 novembre dernier, lorsqu’il a tenu des propos controversés lors d’une émission diffusée sur la chaîne 7TV. Le juge a rappelé ces déclarations, notamment l’expression « gni woté Pastef danio Alkou. Galou dof dou ter », qu’il a lue à haute voix. Vêtu de blanc et tenant son papier d’écrou, Moustapha Diakhaté a contesté les accusations portées à son encontre, précisant que le terme « Alkou » n’était pas une insulte, mais un mot arabe signifiant « un grand malheur » ou « une malédiction ».
Le juge, cependant, a interpellé le prévenu sur la signification exacte de ce terme. En réponse, Diakhaté a expliqué que « Alkou » faisait référence à une personne ayant subi un malheur ou en étant victime, une définition qu’il a modifiée au fur et à mesure de l’audience. Face à l’insistance du procureur, qui a suggéré que le terme pouvait être interprété comme une insulte, Moustapha Diakhaté a rétorqué : « Si vous estimez que j’ai insulté les Sénégalais, vous pouvez me condamner à perpétuité. » Il a ajouté que ses propos visaient uniquement ceux qui, selon lui, avaient attribué la majorité des voix à Pastef, affirmant être victime d’une « épuration politique » visant à museler l’opposition.
Pour le procureur, cependant, les propos de Moustapha Diakhaté sont incontestablement injurieux. Le représentant du ministère public a souligné l’absence de excuses de la part du prévenu, ce qui témoignerait de sa mauvaise foi. Le procureur a ainsi demandé au tribunal de déclarer Diakhaté coupable des infractions qui lui sont reprochées et a requis une peine d’un an de prison, dont six mois ferme, ainsi qu’une amende de 100 000 F CFA.
De leur côté, les avocats de la défense, Me El Hadj Diouf et Me Amadou Sall, continuent de plaider en faveur du prévenu, tandis que le tribunal poursuivra ses délibérations dans les jours à venir.



