L’ONG Caminando Fronteras a dévoilé un nouveau drame humain : 50 personnes ont trouvé la mort à bord d’une embarcation de fortune en route vers les îles Canaries. Parmi les victimes, 44 étaient d’origine pakistanaise. Après 13 jours de dérive sans secours, la pirogue, partie de Mauritanie le 2 janvier 2025, a été secourue le 15 janvier par les autorités marocaines. 36 survivants, dont trois femmes et une adolescente, ont pu être sauvés.
L’Atlantique, un cimetière à ciel ouvert
Le président des îles Canaries, Fernando Clavijo, a exprimé sa colère et ses condoléances face à ce drame, appelant à une action urgente :
« L’État et l’Europe doivent agir. L’Atlantique ne peut pas continuer à être le cimetière de l’Afrique. Mes condoléances pour les cinquante dernières victimes. »
Le sauvetage, exclusivement mené par le Maroc, n’a pas impliqué le service de sauvetage maritime espagnol, une situation qui interroge sur la coordination des efforts dans cette zone.
Une évolution inquiétante des flux migratoires
Depuis quelques mois, la route des Canaries, principalement utilisée au départ des côtes mauritaniennes, connaît une hausse importante de migrants venus d’Asie, notamment du Pakistan, du Bangladesh, de la Syrie et de l’Afghanistan. Ce phénomène marque un changement dans les itinéraires migratoires traditionnels, ces nationalités privilégiant jusqu’ici les voies méditerranéennes ou les Balkans pour rejoindre l’Europe. En 2024, les arrivées aux Canaries ont bondi de 18 %, atteignant 46 877 personnes, le chiffre le plus élevé jamais enregistré depuis 2009, selon les données de l’Union européenne.
Un contraste frappant avec le reste de l’Europe
Si l’Espagne enregistre une hausse record des arrivées, l’Union européenne, dans son ensemble, a connu une baisse de 38 % de l’immigration irrégulière en 2024. Cette chute résulte d’une diminution des départs depuis la Méditerranée centrale, notamment en Tunisie et en Libye, ainsi que des efforts accrus pour freiner les flux migratoires dans les Balkans. Néanmoins, l’Atlantique



