À Jean Michel, frère d’armes et de conviction,
Il est des hommes que l’on croise et des hommes que l’on rencontre. Toi, John, tu appartiens à cette seconde et rare espèce ; celle qui laisse une empreinte que ni les décrets ni le temps ne sauront jamais effacer.
Hier, le pouvoir désincarné t’a retiré une fonction. Il ne pouvait rien contre l’essentiel : ta dignité, ton œuvre, et l’estime indéfectible de ceux qui t’ont vu à l’ouvrage. Car les charges se donnent et se reprennent, mais ce que tu as bâti à l’ASER demeure gravé dans la mémoire vive de ce pays.
J’ai eu le privilège rare de servir l’État à tes côtés, et je peux témoigner : tu n’as jamais confondu le service et le pouvoir, la fonction et l’honneur. Tu vivais ta charge comme d’autres vivent un sacerdoce, avec la rigueur de l’ascète et la ferveur du catho dévoué. Tu n’as jamais couru après la lumière ; tu préférais, en silence, faire briller ceux qui t’entouraient. Tu savais faire confiance quand il eût été plus facile de tout contrôler. Tu savais faire grandir quand il eût été plus commode de rester seul au sommet.
Le monde rural, ce Sénégal des profondeurs que tu as éclairé en si peu de temps, te pleurera en silence, faute de mots pour dire tout ce qu’il te doit. Que de négociations menées avec rigueur, que de chantiers arrachés à l’inertie, que de villages qui, désormais, ne connaîtront la lumière que parce qu’un jeune homme a refusé de céder au découragement, pendant que tous ses supérieurs, à quelques exceptions, avaient courbé l’échine !
L’État perd aujourd’hui un serviteur loyal, un patriote au sens le plus pur du terme. Tu fais partie des hommes qu’on ne remplace pas ; on ne peut, tout au plus, qu’espérer leur ressembler un jour.
Rien ne se fera plus dans ce secteur sans que ton nom ne soit, quelque part, murmuré avec respect. Tu es de ceux qui honorent un pays simplement en l’ayant servi.
Reçois ici, non les honneurs d’un collaborateur, mais l’hommage sincère d’un frère de longue date qui t’a vu à l’œuvre et qui te portera toujours dans son cœur.
Digne fils du pays, la tête haute, le cœur en paix : l’Histoire retiendra ce que les décrets auront voulu taire. Honneur et Respect ! #Sonko2029
Usmaan Nóoréyni Géy



