La relation entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko semble traverser une période de fortes tensions, ravivée par la nomination d’Aminata Touré à la tête de la coalition « Diomaye Président ». Une décision présidentielle perçue comme contraire aux positions exprimées par Ousmane Sonko, qui avait affirmé, lors de son Téra Meeting, ne reconnaître que Aïda Mbodj comme coordonnatrice de la coalition.
Interrogé par L’Observateur, Assane Samb, analyste politique, estime que cette décision traduit une volonté claire du chef de l’État de réaffirmer son autorité.
« C’est une réaction ferme de Diomaye Faye pour montrer que celui qui décide, c’est lui », explique-t-il. Selon lui, Ousmane Sonko se retrouve désormais face à un choix : se soumettre au leadership présidentiel ou assumer pleinement ses responsabilités politiques.
De son côté, le Dr Demba Guèye, maître de conférences cité par le même journal, estime que Bassirou Diomaye Faye peut gouverner sans Ousmane Sonko. Il rappelle que le régime sénégalais est hyperprésidentiel, conférant au chef de l’État la quasi-totalité des leviers institutionnels.
Selon le chercheur, même en cas de blocage parlementaire, notamment si l’Assemblée nationale, dominée par le Pastef, refusait de voter des lois ou le budget, le président pourrait gouverner par ordonnance ou reconduire le budget précédent. En dernier ressort, il dispose également du pouvoir de révoquer le Premier ministre par décret et, après quelques mois, de dissoudre l’Assemblée nationale pour provoquer de nouvelles élections législatives.



