L’utilisation du « tabac vaginal », une pratique observée dans certaines communautés du sud du Sénégal à des fins de stimulation sexuelle, suscite des préoccupations sanitaires. Le professeur Idrissa Ba, addictologue, alerte sur les dangers potentiels de cette pratique et plaide pour des recherches scientifiques approfondies afin d’en évaluer les effets sur la santé des femmes.
Au-delà des risques liés à l’utilisation de substances introduites dans la sphère vaginale, cette pratique soulève des enjeux de santé publique, notamment en matière de prévention, d’information et d’accès aux soins. La vulnérabilité est particulièrement marquée chez les femmes vivant dans des zones éloignées des structures sanitaires, où l’accès à une prise en charge adaptée peut s’avérer difficile.
Pour le professeur Idrissa Ba, la réponse ne saurait se limiter à la dénonciation de cette pratique. Elle nécessite une approche globale, fondée sur des données scientifiques, une meilleure sensibilisation aux risques et une prise en compte des réalités socioculturelles locales.
L’addictologue préconise ainsi des stratégies de prévention non stigmatisantes, afin de favoriser le dialogue avec les populations concernées et d’encourager le recours aux professionnels de santé.L’enjeu est double : mieux documenter les conséquences sanitaires du « tabac vaginal » et renforcer la protection de la santé sexuelle et reproductive des femmes, dans une démarche respectueuse de leur dignité et de leur environnement socioculturel.



