Le Sénégal traverse une période d’ajustement structurel, sur fond de fortes contraintes budgétaires. Face aux députés, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a alerté sur la situation financière du pays et les difficultés liées au remboursement de la dette.
Une situation budgétaire sous pression
Lors de sa Déclaration de politique générale (DPG) devant l’Assemblée nationale, mardi, le chef du gouvernement a reconnu les difficultés auxquelles l’État fait face.
Selon Ahmadou Al Aminou Lô, le Sénégal évolue actuellement dans un contexte d’ajustement structurel. La croissance économique est, elle, évaluée à 2,5 %.
Le Premier ministre a également évoqué le coût élevé de certains financements à court terme. Celui-ci peut atteindre 60 %, compliquant davantage la gestion de la trésorerie de l’État.
Plusieurs projets à l’arrêt
Cette situation pèse directement sur la mobilisation des ressources publiques. Elle a déjà entraîné l’interruption de plusieurs projets de l’État, selon les explications du Premier ministre.
La pression devrait également rester forte dans les prochaines années. El Hadji Ibrahima Sall évoque notamment un important mur d’échéances entre 2026 et 2031, constitué principalement d’eurobonds.
Cette perspective relance ainsi les interrogations autour de la soutenabilité de la dette publique.
Le débat sur une éventuelle restructuration
La question d’une restructuration de la dette alimente désormais les débats.
Mor Thiam estime que l’accord de 1 243 milliards de FCFA conclu avec le FMI s’apparente déjà à une forme de restructuration. Le gouvernement privilégie toutefois l’expression de « gestion active de la dette ».
De son côté, El Hadji Ibrahima Sall évoque trois scénarios possibles. Ils vont d’un reprofilage limité à une restructuration négociée.
Sénégal 2050 maintenu malgré les contraintes
Malgré ces difficultés, le gouvernement assure vouloir poursuivre la mise en œuvre du référentiel Sénégal 2050.
Ce document constitue le cadre de référence des politiques publiques et de la transformation économique et sociale du pays.
Toutefois, le maintien de cette trajectoire dépendra de la capacité de l’État à dégager de nouvelles marges budgétaires. Les importantes échéances de dette à venir devraient continuer de peser sur les finances publiques.
S&P dégrade la note du Sénégal
À cette pression budgétaire s’ajoute une nouvelle alerte sur le front financier.
Au début du mois de septembre, l’agence de notation S&P a dégradé la note souveraine du Sénégal. Une décision qui intervient dans un contexte déjà marqué par les inquiétudes autour de la dette et des capacités financières de l’État.



