Ce samedi 31 août, la commission des Lois du Sénégal a rejeté un projet de loi portant révision de la Constitution, une initiative du président Bassirou Diomaye Faye. Cette révision visait à supprimer le Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT) et le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE), des institutions considérées comme trop coûteuses par le gouvernement actuel.
Malgré la pression exercée pour la suppression de ces entités jugées « budgétivores », la commission des Lois, dominée par les députés de la coalition Benno Bokk Yakaar de l’ancien président Macky Sall, a voté contre la révision, avec 16 voix contre 14.
Moussa Diakhate, président de la commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains, a expliqué ce rejet en s’interrogeant sur la cohérence du processus : « N’est-ce pas ce même régime qui nous a dit que le règlement intérieur de l’Assemblée n’était pas à jour ? Ne serait-il pas plus logique de mettre à jour ce règlement avant de demander la suppression du CESE ? »
Un Revers Annoncé pour le Président Faye
Alors que les députés sont convoqués en séance plénière ce lundi pour se prononcer sur cette révision constitutionnelle, les perspectives d’adoption du texte semblent faibles. Avec une opposition majoritaire à l’Assemblée nationale, dominée par la coalition Benno Bokk Yakaar, les chances de succès pour cette loi sont réduites.
Doudou Wade, ancien parlementaire et membre du Parti Démocratique Sénégalais, a souligné que le vote au sein de la commission des Lois reflète les résultats des dernières élections législatives : « Avec 82 députés pour la majorité Benno Bokk Yakaar, 80 pour l’opposition et 3 non-inscrits, il est peu probable que la loi soit adoptée si tous les députés sont présents. »
Cette situation pourrait constituer un premier échec pour le président Bassirou Diomaye Faye dans sa tentative de réforme majeure depuis son accession au pouvoir.



