Alioune Ibnou Abitalib Sow, plus connu sous le nom de Bentaleb, n’est plus Conseiller spécial du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye. L’annonce, faite après le dépôt de sa lettre de démission, marque un nouveau tournant au sein de l’appareil présidentiel sénégalais.
Dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux, l’ancien collaborateur du Chef de l’État a expliqué les raisons de son départ, qu’il lie notamment à « l’évolution de la ligne politique du pouvoir » et à des désaccords de fond.
« J’ai remis hier au Président de la République ma démission de mes fonctions de Conseiller spécial. Pendant plus de deux ans, j’ai servi la République avec loyauté, à travers la Communication de la Présidence et le Protocole Présidentiel », a-t-il affirmé.
Une rupture motivée par des convictions politiques
Bentaleb Sow revient sur son engagement au sein de la Présidence, qu’il inscrit dans la continuité de son parcours militant.
« Le projet a été notre seule boussole ! Je n’ai jamais perçu ma nomination comme une récompense mais le prolongement d’un combat militant, anti-impérialiste et panafricain depuis 2016. La mission n’était que de servir la République avec les principes forgés au fil des années de luttes », a-t-il expliqué.
Mais selon lui, un tournant s’est opéré dans la conduite politique actuelle.
« Dès lors que s’installe une nouvelle ligne politique qui n’est pas la mienne, que les méthodes que nous avons combattues reviennent une à une, il devient nécessaire de prendre ses responsabilités », a-t-il ajouté.
La visite de Macky Sall au cœur des tensions
Parmi les éléments déclencheurs de sa décision, Bentaleb Sow cite explicitement la récente visite de Macky Sall au Palais de la République.
« La venue de Macky Sall au Palais est celle de trop. Cet homme nous doit des comptes. La dette cachée, c’est lui. Une grande partie des maux que le pays traverse aujourd’hui, c’est lui. Des Sénégalais sont morts, des familles attendent encore la vérité. Qu’il y ait une photo ou non, lui rouvrir les portes du Palais, c’est aider à repolir son image. À ça, je ne prêterai pas la main non plus », a-t-il déclaré.
« Ma conscience passe devant mes intérêts »
L’ancien conseiller insiste sur la dimension personnelle et morale de sa décision.
« Oui je l’ai dit, ma conscience passe devant mes intérêts. Hier, aujourd’hui et demain ! De l’intérieur, Dieu sait ô combien nous avons tout fait pour que le projet ne soit jamais dévié, pour que le tandem ne soit jamais brisé, pour que l’espoir de notre peuple ne soit point torpillé. Mais à Allah seul appartient la destinée ! », a-t-il confié.
Proche de Ousmane Sonko et issu des rangs du PASTEF, Bentaleb Sow affirme toutefois rester engagé pour le Sénégal et ses idéaux.
« La lutte continue et les peuples vaincront », a-t-il conclu.



