Face aux préoccupations exprimées par les députés concernant la détérioration de la situation sécuritaire au Sahel, notamment au Mali, les ministres Cheikh Niang et Birame Diop ont cherché à rassurer la représentation nationale, ce vendredi 22 mai 2026 à l’Assemblée nationale, sur les mesures diplomatiques et sécuritaires mises en œuvre par le Sénégal.
Intervenant lors de la séance de questions d’actualité, le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Cheikh Niang, a rappelé que la crise malienne représente un défi majeur pour l’ensemble de la sous-région ouest-africaine, tant sur les plans politique, sécuritaire qu’humanitaire. Selon lui, le Sénégal maintient une ligne diplomatique fondée sur le dialogue constant avec les autorités de transition à Bamako.
Sans entrer dans les détails des discussions en cours, le chef de la diplomatie sénégalaise a insisté sur la nécessité de préserver les canaux de communication. Il a également souligné que Dakar privilégie une approche basée sur la solidarité et la responsabilité partagée entre pays voisins, rappelant que la stabilité du Mali reste étroitement liée à celle du Sénégal.
Cheikh Niang a par ailleurs indiqué que le Sénégal mène un plaidoyer auprès de ses partenaires internationaux afin d’éviter un isolement du Mali, malgré les tensions géopolitiques actuelles. L’objectif, selon lui, est de maintenir les appuis nécessaires pour accompagner le pays dans la gestion de la crise.
Sur le plan sécuritaire, le ministre des Forces armées, Birame Diop, a évoqué l’existence d’un dispositif opérationnel déployé sur le territoire national, en particulier dans les zones sensibles, tout en respectant la confidentialité liée aux questions de défense. Il a assuré que les forces de défense et de sécurité adoptent une posture dissuasive et proactive face aux risques de déstabilisation.
Birame Diop a également insisté sur l’importance de la vigilance citoyenne, appelant les populations des zones frontalières à collaborer davantage avec les forces de sécurité en partageant toute information utile. Selon lui, le renseignement de proximité demeure un élément clé dans la lutte contre les menaces asymétriques.
Le ministre a enfin mis en avant la coopération sécuritaire avec plusieurs partenaires internationaux, soulignant leur intérêt à maintenir le Sénégal comme un espace de stabilité dans la région. Il a également rappelé l’existence de mécanismes de coordination entre Dakar et Bamako, notamment à travers des commissions mixtes chargées du suivi des flux et du partage de renseignements à la frontière commune.
Pour les autorités sénégalaises, cette articulation entre action diplomatique et dispositif militaire constitue un levier essentiel pour prévenir toute extension de l’instabilité sahélienne vers le territoire national.


